Ce que dit la loi française
Le Code de commerce français est clair : aucun texte de loi n'oblige les entreprises à recourir à un expert-comptable. Toute société ou entrepreneur individuel peut tenir sa comptabilité lui-même, à condition de respecter les obligations comptables et fiscales applicables à son statut.
En revanche, la loi réserve certaines missions exclusivement aux experts-comptables inscrits à l'Ordre. Seul un expert-comptable diplômé et inscrit peut :
- Réviser les comptes d'une entreprise
- Attester la régularité et la sincérité d'un bilan
- Certifier les comptes annuels (pour certaines structures)
- Signer les liasses fiscales en tant que professionnel du chiffre
Autrement dit : vous pouvez faire votre comptabilité vous-même, mais vous ne pouvez pas la certifier ou la faire réviser sans expert-comptable. Cette nuance est importante, notamment en cas de levée de fonds, de demande de crédit bancaire ou de contrôle fiscal.
Expert-comptable : obligatoire ou non selon votre statut
L'utilité d'un expert-comptable dépend directement de votre forme juridique et de la complexité de vos obligations comptables.
Micro-entrepreneur : facultatif
En micro-entreprise (auto-entrepreneur), la comptabilité est ultra-simplifiée : pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de TVA dans la plupart des cas. Il suffit de tenir un livre des recettes et, si vous vendez des marchandises, un registre des achats. Un simple tableur Excel ou un logiciel de facturation suffit.
Un expert-comptable n'est utile que si vous approchez des seuils de CA (77 700€ pour les prestations de services, 188 700€ pour la vente de marchandises) ou si vous envisagez de passer en société.
Entreprise individuelle (EI) : recommandé
Si vous êtes en EI au régime réel (BIC ou BNC), les obligations se corsent : bilan, compte de résultat, déclarations de TVA, liasse fiscale. Techniquement, vous pouvez tout faire vous-même avec un bon logiciel. Mais les erreurs peuvent coûter cher (pénalités, redressement fiscal). Un expert-comptable est recommandé, surtout si vous n'êtes pas à l'aise avec la comptabilité.
Société (EURL, SASU, SARL, SAS) : quasi indispensable
Dès que vous créez une société, les obligations explosent : comptabilité en partie double, bilan, compte de résultat, annexes, liasse fiscale, déclarations de TVA, procès-verbaux d'assemblée générale, approbation des comptes, dépôt au greffe... Le tout dans des délais stricts et sous peine de sanctions.
Dans les faits, 95% des sociétés ont un expert-comptable. Faire l'économie de ce professionnel pour une société revient à prendre un risque financier et juridique majeur. Les erreurs comptables peuvent entraîner des redressements fiscaux de plusieurs milliers d'euros.
Les obligations comptables que vous devez respecter (avec ou sans expert-comptable)
Que vous fassiez appel à un expert-comptable ou non, votre entreprise doit respecter un certain nombre d'obligations légales :
- Tenir une comptabilité régulière : enregistrement chronologique de toutes les opérations (achats, ventes, charges, produits)
- Conserver les pièces justificatives : factures, relevés bancaires, contrats pendant 10 ans minimum
- Établir les comptes annuels : bilan, compte de résultat et annexes (pour les sociétés et EI au régime réel)
- Déclarer et payer la TVA (si vous y êtes assujetti)
- Produire la liasse fiscale chaque année avant la date limite
- Tenir les assemblées générales et déposer les comptes au greffe (pour les sociétés)
En cas de non-respect de ces obligations, vous vous exposez à des sanctions : pénalités de retard, majorations fiscales, voire interdiction de gérer en cas de fautes graves.
Les risques de gérer sa comptabilité sans expert-comptable
Tenir sa comptabilité soi-même est techniquement possible, mais comporte des risques réels que beaucoup d'entrepreneurs sous-estiment :
- Erreurs comptables et fiscales : mauvaise imputation de charges, oubli de déclaration, TVA mal calculée... Les erreurs sont fréquentes et peuvent déclencher un contrôle fiscal.
- Redressement fiscal : en cas d'erreur détectée par l'administration, vous devrez payer les impôts dus + des pénalités (10 à 80% selon la gravité) + des intérêts de retard.
- Perte de temps : gérer sa comptabilité prend en moyenne 5 à 10 heures par mois. Du temps que vous ne passez pas à développer votre activité.
- Stress et charge mentale : jongler entre l'activité, la comptabilité, les déclarations et les échéances peut vite devenir épuisant.
- Difficulté à lever des fonds : les banques et investisseurs exigent généralement des comptes certifiés par un expert-comptable.
Quand l'expert-comptable devient-il indispensable ?
Certaines situations rendent le recours à un expert-comptable quasi obligatoire, même si la loi ne l'impose pas formellement :
- Vous avez des salariés : la gestion de la paie, des cotisations sociales et des obligations DSN nécessite une expertise pointue.
- Votre CA dépasse 150 000€ : au-delà de ce seuil, la complexité comptable justifie largement l'investissement dans un expert-comptable.
- Vous êtes soumis à la TVA : la gestion de la TVA (collectée, déductible, déclarations CA3) est chronophage et source d'erreurs.
- Vous levez des fonds ou demandez un crédit : les banques et investisseurs exigent des comptes certifiés par un professionnel.
- Vous avez plusieurs activités ou sociétés : la consolidation comptable nécessite une expertise technique.
- Vous faites face à un contrôle fiscal : l'assistance d'un expert-comptable est précieuse pour répondre aux demandes de l'administration.
Les alternatives à l'expert-comptable traditionnel
Si vous ne souhaitez pas (ou ne pouvez pas) recourir à un expert-comptable, plusieurs alternatives existent, avec leurs avantages et limites :
1. Faire sa comptabilité soi-même avec un logiciel
Des logiciels comme Indy, Tiime ou Pennylane permettent de gérer sa comptabilité en autonomie. Ils automatisent la synchronisation bancaire, la catégorisation des dépenses et la génération des déclarations. Convient aux micro-entrepreneurs et EI simples, mais reste risqué pour les sociétés.
2. Opter pour un expert-comptable en ligne
Les cabinets en ligne (Dougs, Ça Compte Pour Moi, Wity...) proposent les mêmes services qu'un cabinet traditionnel à des tarifs 30 à 50% moins chers (dès 49€/mois). C'est le meilleur compromis pour les TPE et freelances : vous bénéficiez d'un expert-comptable diplômé sans exploser votre budget.
3. Faire appel à un CGA (Centre de Gestion Agréé)
Les CGA proposent un accompagnement comptable et fiscal à tarif réduit pour les professions libérales et artisans. Moins complet qu'un expert-comptable, mais utile si votre activité est simple.
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