Exonération de CFE 2026 : tous les cas où vous ne payez pas

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due par presque toutes les entreprises, auto-entrepreneurs compris. Mais plusieurs cas d'exonération existent : l'année de création, un chiffre d'affaires sous 5 000 €, certaines activités et certaines zones. Voici, point par point, qui ne paie pas de CFE en 2026, sous quelles conditions, et la démarche à respecter pour ne pas passer à côté.

Cas d'exonération de la cotisation foncière des entreprises en 2026
Sommaire

En bref : qui est exonéré de CFE en 2026 ?

Vous êtes exonéré de CFE en 2026 si vous êtes dans l'une de ces situations : c'est l'année de création de votre entreprise (exonération totale), votre chiffre d'affaires de 2024 n'a pas dépassé 5 000 €, vous exercez une activité exonérée (artisan, agriculteur, artiste, taxi...) ou vous êtes implanté dans une zone exonérée (quartier prioritaire, zone franche, France Ruralités Revitalisation). Hors de ces cas, la cotisation minimum reste due.

1. La CFE en deux mots : qui doit la payer

La cotisation foncière des entreprises est une des deux composantes de la contribution économique territoriale (CET). Elle est due par toute personne, physique ou morale, qui exerce une activité professionnelle non salariée à titre habituel : sociétés, entreprises individuelles et auto-entrepreneurs compris.

Elle se calcule sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l'activité. Quand l'entreprise n'a pas (ou peu) de local, comme la plupart des indépendants travaillant à domicile, c'est une cotisation minimum qui s'applique, dont le montant est fixé par la commune en fonction du chiffre d'affaires.

Bon à savoir : la CFE n'a rien à voir avec la TVA ni avec l'impôt sur le revenu. C'est un impôt local, perçu par les communes et les intercommunalités, dû au 15 décembre. Pour le reste de la fiscalité du statut, voyez notre guide sur le seuil de TVA de l'auto-entrepreneur.

2. L'exonération de la première année

Exonération de CFE l'année de création et réduction de 50 % la deuxième année

C'est l'exonération la plus connue, et la seule liée directement à la création. L'année de création de votre entreprise, vous ne payez aucune CFE. L'exonération est totale et automatique, quel que soit le mois où vous démarrez votre activité.

L'année suivante (la première année complète d'activité), vous commencez à payer, mais avec un coup de pouce : la base d'imposition est réduite de 50 %. Vous payez donc une CFE allégée de moitié cette année-là, puis le plein tarif les années suivantes.

À noter : l'exonération de la première année n'est acquise que si vous avez déposé la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C) avant le 31 décembre de l'année de création. C'est la principale erreur des nouveaux entrepreneurs : oublier cette déclaration fait perdre le bénéfice de l'exonération et de la réduction.

Attention à une idée reçue tenace : les auto-entrepreneurs ne bénéficient plus d'une exonération de 3 ans. Ce régime a été supprimé en 2014. Aujourd'hui, le créateur d'auto-entreprise est logé à la même enseigne que les autres : exonération l'année de création, réduction de moitié la deuxième année, puis CFE due normalement.

3. L'exonération permanente sous 5 000 € de CA

C'est l'exonération qui protège durablement les très petites activités. Une entreprise est exonérée de CFE si son chiffre d'affaires hors taxes de l'avant-dernière année (N-2) n'a pas dépassé 5 000 €.

Le décalage de deux ans est important à comprendre. Pour la CFE due en 2026, c'est le chiffre d'affaires de 2024 qui compte :

  • CA 2024 inférieur ou égal à 5 000 € : pas de CFE en 2026.
  • CA 2024 supérieur à 5 000 € : la cotisation minimum s'applique en 2026, selon le barème de votre commune.
Bon à savoir : cette exonération vise les activités d'appoint et les très faibles chiffres d'affaires. Elle se cumule avec l'exonération de la première année : un auto-entrepreneur qui démarre doucement peut donc ne rien payer plusieurs années de suite, tant que son CA reste sous 5 000 €.

4. Les exonérations selon l'activité

Certaines activités sont exonérées de CFE par nature, de façon permanente, quel que soit le chiffre d'affaires. Les principales :

Catégorie Exemples d'activités exonérées
Artisans Travailleurs indépendants qui réalisent surtout de la main-d'œuvre, sans spéculation sur les matières ni recours à des machines
Agriculture et pêche Exploitants agricoles, certaines coopératives, pêcheurs
Arts et création Peintres, sculpteurs, graveurs, auteurs, compositeurs, certains photographes-auteurs, artistes lyriques et dramatiques
Transport de personnes Chauffeurs de taxi et d'ambulance (propriétaires d'une à deux voitures, sous conditions)
Santé Sage-femmes, garde-malades (hors infirmiers)
Enseignement et presse Établissements d'enseignement privé sous conditions, certains éditeurs et vendeurs de presse

Ces exonérations répondent à des définitions fiscales précises. Le statut d'artisan, par exemple, ne suffit pas : c'est la nature réelle de l'activité (prépondérance de la main-d'œuvre) qui est examinée. En cas de doute, un expert-comptable ou le service des impôts tranche.

Un doute sur votre situation CFE ? Faites le point avec un expert-comptable

Comparer les experts-comptables

5. Les exonérations selon la zone d'implantation

Pour soutenir certains territoires, l'État et les collectivités accordent des exonérations de CFE liées au lieu d'implantation de l'entreprise. Elles sont souvent temporaires (quelques années) et soumises à des conditions précises :

  • Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : exonération pour les petites entreprises qui s'y créent ou s'y étendent, sous conditions d'effectif et d'activité.
  • Zones franches urbaines - territoires entrepreneurs (ZFU-TE) : exonération dégressive pour les entreprises implantées dans ces zones.
  • France Ruralités Revitalisation (FRR) : le dispositif qui a remplacé les zones de revitalisation rurale (ZRR) depuis le 1er juillet 2024, avec exonération pour les créations et reprises en milieu rural.
  • Zones franches d'activités (DOM) : régimes spécifiques aux départements et régions d'outre-mer.
À noter : ces exonérations de zone ne sont pas automatiques. Elles doivent être demandées, et la collectivité concernée doit avoir voté le dispositif. Renseignez-vous auprès de votre service des impôts avant de vous baser dessus dans votre prévisionnel.

6. Comment obtenir et déclarer son exonération

La logique est simple : l'administration ne peut appliquer une exonération que si elle vous connaît. Tout part de la déclaration initiale.

  1. Déclaration initiale (formulaire 1447-C) : à déposer avant le 31 décembre de l'année de création. C'est elle qui déclenche l'exonération de la première année et la réduction de la deuxième.
  2. Exonération sous 5 000 € : appliquée automatiquement par l'administration à partir des chiffres d'affaires que vous déclarez. Aucune démarche supplémentaire si votre situation est à jour.
  3. Exonérations de zone ou d'activité : à signaler, parfois via le formulaire 1447-M (déclaration modificative), en précisant le motif.
  4. Vérification de l'avis : consultez votre avis de CFE chaque année dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, avant l'échéance du 15 décembre. Une erreur se conteste auprès du SIE.

Si vous démarrez votre activité, notre guide sur l'utilité d'un expert-comptable pour auto-entrepreneur détaille les moments où l'accompagnement évite ce genre d'oubli coûteux.

7. Si vous n'êtes pas exonéré : le barème 2026

Hors exonération, la plupart des indépendants paient la cotisation minimum. Son montant dépend d'une base fixée par la commune, dans une fourchette nationale qui varie selon le chiffre d'affaires de l'avant-dernière année (N-2) :

Chiffre d'affaires HT (N-2) Base minimale 2026
Jusqu'à 10 000 € 250 € à 597 €
10 001 € à 32 600 € 250 € à 1 194 €
32 601 € à 100 000 € 250 € à 2 509 €
100 001 € à 250 000 € 250 € à 4 183 €
250 001 € à 500 000 € 250 € à 5 974 €
À partir de 500 001 € 250 € à 7 769 €

La base réelle dépend de la décision votée par votre commune ou votre intercommunalité, puis le taux local s'applique sur cette base. Deux entreprises au même chiffre d'affaires peuvent donc payer des montants très différents selon leur lieu d'implantation.

CFE, TVA, choix de statut : un expert-comptable adapté à votre activité fait le tri

Comparer les experts-comptables en ligne

8. Questions fréquentes

Qui est exonéré de CFE en 2026 ?

Sont exonérés : les entreprises l'année de leur création, celles dont le chiffre d'affaires de l'avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas 5 000 €, certaines activités (artisans, agriculteurs, artistes, taxis, sage-femmes...) et les entreprises implantées dans certaines zones (quartiers prioritaires, zones franches, France Ruralités Revitalisation).

L'auto-entrepreneur paie-t-il la CFE ?

Oui, l'auto-entrepreneur est soumis à la CFE comme les autres entreprises, sauf cas d'exonération. Il en est dispensé l'année de création, puis s'il réalise moins de 5 000 € de chiffre d'affaires. Au-delà, il paie au minimum la cotisation minimum, dont la base est fixée par sa commune en fonction de son chiffre d'affaires.

Est-on exonéré de CFE la première année d'activité ?

Oui. L'année de création, l'exonération de CFE est totale et automatique, quel que soit le mois de création. L'année suivante, la base d'imposition est réduite de 50 %. Il faut toutefois déposer la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C) avant le 31 décembre de l'année de création pour en bénéficier.

Quel chiffre d'affaires pour être exonéré de CFE ?

Une entreprise est exonérée de CFE si son chiffre d'affaires hors taxes de l'avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas 5 000 €. Pour la CFE due en 2026, c'est donc le chiffre d'affaires de 2024 qui est pris en compte. Au-dessus de 5 000 €, la cotisation minimum s'applique.

La CFE est-elle supprimée pendant 3 ans pour les auto-entrepreneurs ?

Non, c'est une idée reçue. L'exonération de 3 ans dont bénéficiaient les auto-entrepreneurs a été supprimée en 2014. Aujourd'hui, l'exonération ne porte que sur l'année de création, suivie d'une réduction de 50 % de la base la deuxième année. Les années suivantes, la CFE est due, sauf autre motif d'exonération.

Comment demander l'exonération de CFE ?

La plupart des exonérations sont appliquées automatiquement dès lors que la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C) a été déposée avant le 31 décembre de l'année de création. Pour les exonérations de zone ou d'activité, il faut parfois en faire la demande explicite via le formulaire 1447-M. En cas de doute, le service des impôts des entreprises (SIE) reste l'interlocuteur.

Sources

Article mis à jour le . Barème de la base minimale revalorisé chaque année, montants applicables à la CFE due en 2026.