Seuil de TVA auto-entrepreneur 2026 : franchise, seuil majoré et dépassement

L'auto-entrepreneur ne facture pas de TVA tant qu'il reste sous un certain seuil de chiffre d'affaires. En 2026, ce seuil est de 37 500 € pour les services et 85 000 € pour la vente. Au-delà, il faut facturer la TVA à ses clients et la reverser à l'État, sans pour autant perdre le statut. Voici comment fonctionnent le seuil de base et le seuil majoré, ce qui change quand on les dépasse, et où en est le projet de baisse à 25 000 €.

Seuils de franchise en base de TVA pour un auto-entrepreneur en 2026
Sommaire

En bref : quel est le seuil de TVA d'un auto-entrepreneur en 2026 ?

Un auto-entrepreneur ne facture pas de TVA tant que son chiffre d'affaires reste sous le seuil de franchise en base : 37 500 € pour les prestations de services et les activités libérales, 85 000 € pour la vente de marchandises et l'hébergement. Au-dessus, il facture la TVA à ses clients et la reverse à l'État. Dépasser ce seuil ne fait pas perdre le statut : on reste auto-entrepreneur, on facture seulement la TVA en plus.

1. Les seuils de TVA 2026

Le seuil de TVA correspond au plafond de la franchise en base de TVA, le régime qui dispense de facturer la taxe. Il dépend de la nature de l'activité et comporte deux niveaux : un seuil de base et un seuil majoré (dit seuil de tolérance).

Activité Seuil de base Seuil majoré
Vente de marchandises, restauration à emporter, hébergement 85 000 € 93 500 €
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) 37 500 € 41 250 €
Professions libérales et autres prestations (BNC) 37 500 € 41 250 €
Bon à savoir : ces seuils s'apprécient sur le chiffre d'affaires hors taxes encaissé sur l'année civile. Ce sont les mêmes seuils pour tous les entrepreneurs en franchise, pas seulement les auto-entrepreneurs. Une EURL ou une SASU sous ces seuils peut aussi en bénéficier.

2. La franchise en base, comment ça marche

La franchise en base de TVA est le régime par défaut de l'auto-entrepreneur à la création. Concrètement, tant que vous êtes en franchise :

  • Vous ne facturez pas de TVA : vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
  • Vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats professionnels (matériel, abonnements, marchandises).
  • Vous n'avez aucune déclaration de TVA à produire.

C'est un avantage commercial réel face à des clients particuliers : à prix de vente identique, vous gardez l'équivalent de la TVA que vos concurrents assujettis doivent reverser. C'est aussi une simplification administrative forte, qui fait une partie de l'attrait du statut.

Attention à ne pas confondre ce seuil avec le plafond du régime micro lui-même. Les deux n'ont rien à voir et se déclenchent à des montants différents : notre guide sur le plafond de la micro-entreprise détaille cette distinction, source de nombreuses erreurs.

3. Seuil de base et seuil majoré : le piège des deux seuils

Fonctionnement du seuil de base et du seuil majoré de TVA

Le système repose sur deux niveaux, et c'est là que beaucoup d'auto-entrepreneurs se trompent. Le seuil de base et le seuil majoré ne déclenchent pas la TVA de la même façon :

  • Sous le seuil de base (37 500 € ou 85 000 €) : pas de TVA, vous restez en franchise.
  • Entre le seuil de base et le seuil majoré (de 37 500 € à 41 250 €, ou de 85 000 € à 93 500 €) : la franchise est maintenue pour l'année en cours. Vous ne basculez à la TVA qu'au 1er janvier suivant, et seulement si vous dépassez encore le seuil de base cette deuxième année.
  • Au-dessus du seuil majoré (41 250 € ou 93 500 €) : vous devenez redevable de la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement, sans aucune tolérance.
À noter : le passage au-dessus du seuil majoré est immédiat. Si vous franchissez 41 250 € le 18 d'un mois, toutes les opérations de ce mois sont soumises à la TVA, y compris celles facturées avant le dépassement. Mieux vaut donc surveiller son cumul de chiffre d'affaires en temps réel plutôt que de le découvrir en fin d'année.

4. Ce qui change quand on dépasse le seuil

Devenir redevable de la TVA n'est pas une catastrophe, mais cela ajoute des obligations. Voici la marche à suivre :

  1. Demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE), via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
  2. Facturer la TVA à vos clients à partir de la date de bascule, au taux applicable à votre activité (20 % le plus souvent, 10 % ou 5,5 % pour certaines prestations).
  3. Déclarer et reverser la TVA collectée, déduction faite de la TVA payée sur vos achats. Vous relevez en général du régime réel simplifié (déclaration annuelle avec deux acomptes).
  4. Mettre à jour vos factures : la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » disparaît, remplacée par le taux et le montant de TVA.
Bon à savoir : en devenant redevable, vous gagnez aussi le droit de récupérer la TVA sur vos achats professionnels. Pour une activité avec beaucoup de matériel ou de marchandises, cela compense une partie de la TVA collectée.

Si la TVA devient un sujet pour votre activité, c'est souvent le bon moment de faire le point sur la pertinence du régime micro. Notre article expert-comptable pour auto-entrepreneur détaille quand l'accompagnement devient utile.

Vous approchez d'un seuil et vous ne savez pas comment gérer la TVA ?

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5. La réforme du seuil unique à 25 000 € : où en est-on ?

Fin 2024, le projet de loi de finances pour 2025 prévoyait d'abaisser fortement la franchise en base, avec un seuil unique à 25 000 € pour toutes les activités. La mesure a déclenché une forte mobilisation des auto-entrepreneurs : à 25 000 €, des centaines de milliers de micro-entrepreneurs seraient devenus redevables de la TVA du jour au lendemain.

Devant la contestation, le gouvernement a d'abord suspendu la mesure, puis ouvert une concertation. Une piste intermédiaire a circulé en 2025 (seuil de 37 500 € pour les services, 25 000 € pour les seuls travaux du bâtiment), avant d'être à son tour écartée lors des débats parlementaires.

À retenir : au 1er janvier 2026, rien n'a changé. Les seuils différenciés de 37 500 € (services) et 85 000 € (vente) restent en vigueur. Le sujet peut revenir dans une future loi de finances, mais aucune baisse n'est applicable aujourd'hui.

6. Faut-il opter volontairement pour la TVA ?

Rester en franchise n'est pas toujours le plus avantageux. Même sous les seuils, vous pouvez renoncer à la franchise et opter pour le paiement de la TVA. C'est intéressant dans deux cas de figure :

  • Vos clients sont des entreprises : elles récupèrent la TVA que vous facturez, donc votre prix TTC ne leur coûte rien de plus. Et vous, vous récupérez la TVA sur vos achats.
  • Vous avez beaucoup d'achats avec TVA : matériel, marchandises, sous-traitance. Récupérer la TVA en amont devient un vrai gain, surtout en phase d'investissement.

À l'inverse, si vous vendez surtout à des particuliers, la franchise reste presque toujours préférable : facturer la TVA reviendrait à augmenter vos prix de 20 % ou à rogner votre marge. L'option pour la TVA est valable 2 ans et se reconduit tacitement, il faut donc la choisir en connaissance de cause.

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7. Questions fréquentes

Quel est le seuil de TVA pour un auto-entrepreneur en 2026 ?

En 2026, le seuil de franchise en base de TVA est de 37 500 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services et les activités libérales, et de 85 000 € pour la vente de marchandises et l'hébergement. En dessous de ces seuils, l'auto-entrepreneur ne facture pas de TVA.

Que se passe-t-il quand on dépasse le seuil de TVA ?

Si vous dépassez le seuil majoré (41 250 € pour les services, 93 500 € pour la vente), vous devenez redevable de la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement. Si vous dépassez seulement le seuil de base, la franchise est maintenue l'année en cours et vous ne basculez à la TVA qu'au 1er janvier suivant en cas de second dépassement.

C'est quoi le seuil majoré de TVA (seuil de tolérance) ?

Le seuil majoré est un plafond de tolérance situé au-dessus du seuil de base : 41 250 € pour les services et 93 500 € pour la vente. Tant que vous restez entre le seuil de base et le seuil majoré, la franchise est maintenue pour l'année en cours. Dès que vous franchissez le seuil majoré, la TVA s'applique immédiatement, dès le 1er jour du mois de dépassement.

Le seuil de TVA va-t-il baisser à 25 000 € en 2026 ?

Non. Le projet d'un seuil unique abaissé à 25 000 €, beaucoup commenté fin 2024 et en 2025, a d'abord été suspendu puis écarté lors des débats parlementaires. Les seuils différenciés de 37 500 € (services) et 85 000 € (vente) restent en vigueur au 1er janvier 2026.

Un auto-entrepreneur peut-il facturer la TVA volontairement ?

Oui. Même sous les seuils, vous pouvez renoncer à la franchise en base et opter pour le paiement de la TVA. C'est intéressant si vos clients sont des entreprises (qui récupèrent la TVA) ou si vous avez beaucoup d'achats avec TVA déductible. L'option est valable 2 ans et se reconduit tacitement.

Le dépassement du seuil de TVA fait-il perdre le statut auto-entrepreneur ?

Non. Le seuil de TVA et le plafond du régime micro sont deux choses différentes. Devenir redevable de la TVA ne fait pas perdre le statut d'auto-entrepreneur : vous restez en micro-entreprise, vous facturez simplement la TVA en plus. Le statut n'est perdu que si le plafond du régime micro (83 600 € ou 203 100 €) est dépassé deux années consécutives.

Comment déclarer la TVA quand on devient redevable ?

Il faut demander un numéro de TVA intracommunautaire au service des impôts des entreprises, puis déclarer la TVA via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. La plupart des auto-entrepreneurs relèvent du régime réel simplifié (déclaration annuelle avec acomptes) ou du régime réel normal (déclaration mensuelle ou trimestrielle).

Sources

Article mis à jour le . Seuils applicables au 1er janvier 2026, le projet de baisse à 25 000 € ayant été écarté.