Comptabilité générale

Amortissement

Définition

Étalement comptable du coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation. Plutôt que de passer la totalité d'un achat en charge la première année, l'entreprise en répartit le coût sur plusieurs exercices, au rythme où le bien perd de sa valeur.

Mis à jour le
Sommaire

Définition détaillée

L'amortissement répartit le coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation. Quand une entreprise achète un bien durable (ordinateur, machine, véhicule, mobilier), elle ne passe pas la dépense entière en charge la première année. Elle constate chaque année une fraction de ce coût, appelée dotation aux amortissements, qui traduit la perte de valeur du bien au fil du temps.

La logique est simple : un ordinateur acheté pour servir quatre ans profite à l'activité pendant quatre exercices, pas seulement le jour de l'achat. Le coût est donc étalé sur ces quatre années. Seuls les biens qui perdent de la valeur avec l'usage ou le temps s'amortissent. Un terrain, par exemple, ne s'amortit pas.

À retenir : l'amortissement ne concerne que les immobilisations inscrites à l'actif du bilan, au-dessus d'un seuil de 500 € HT en général. En dessous, l'achat passe directement en charge sur l'exercice.

Amortissement linéaire ou dégressif

Deux modes de calcul coexistent, avec des effets différents sur l'impôt :

  • L'amortissement linéaire : la charge est identique chaque année. Un bien de 12 000 € sur 4 ans donne une dotation constante de 3 000 € par an. C'est le mode par défaut, applicable à toutes les immobilisations amortissables.
  • L'amortissement dégressif : la charge est plus forte les premières années, puis décroît. On multiplie le taux linéaire par un coefficient fiscal (1,25 à 2,25 selon la durée), ce qui déduit davantage au début et réduit l'impôt plus tôt.

Le dégressif est un avantage de trésorerie : il n'augmente pas le total amorti, il l'anticipe. Il est réservé à certains biens neufs (matériel informatique, industriel, outillage) et exclu pour le mobilier ou les véhicules de tourisme.

Durées d'usage courantes

La durée d'amortissement doit refléter la durée réelle d'utilisation du bien. L'administration admet des durées d'usage qui servent de repères :

Matériel informatique3 ans
Véhicule5 ans
Matériel et outillage5 à 10 ans
Mobilier de bureau10 ans
Agencements et installations10 à 20 ans
Immeuble (construction)20 à 50 ans

Pour un immeuble, seule la construction s'amortit : la valeur du terrain reste inscrite au bilan sans amortissement, car elle n'est pas censée se déprécier.

Tableau d'amortissement chiffré

Prenons un bien acheté 12 000 €, amorti en linéaire sur 4 ans. La dotation annuelle est de 12 000 / 4 = 3 000 €. Le plan d'amortissement se présente ainsi :

AnnéeDotationCumul amortiValeur nette comptable
Valeur d'origine--12 000 €
Année 13 000 €3 000 €9 000 €
Année 23 000 €6 000 €6 000 €
Année 33 000 €9 000 €3 000 €
Année 43 000 €12 000 €0 €

Au bout de 4 ans, le bien est entièrement amorti : sa valeur nette comptable est nulle, même s'il continue à servir. Chaque dotation de 3 000 € a réduit le résultat de l'exercice concerné.

Impact sur le résultat et le bilan

L'amortissement agit sur les deux documents comptables clés :

  • Au compte de résultat, la dotation figure en charge d'exploitation. Elle réduit le résultat imposable, donc l'impôt, sans qu'aucun euro ne sorte de la banque : c'est une charge non décaissée.
  • Au bilan, le cumul des amortissements est retranché de la valeur d'origine de l'immobilisation. On obtient la valeur nette comptable, soit ce qu'il reste à amortir.
Effet concret : parce que la charge n'entraîne aucun décaissement, l'amortissement crée un décalage favorable. L'entreprise déduit fiscalement un coût déjà payé, ce qui préserve sa trésorerie tout en lissant l'impôt sur plusieurs années.

Le cas du LMNP

La location meublée est le terrain où l'amortissement pèse le plus lourd. Au régime réel, le loueur en meublé non professionnel amortit le bien immobilier (hors terrain), le mobilier et les travaux. Ces dotations viennent en déduction des loyers et effacent souvent la totalité du bénéfice imposable pendant de longues années.

Une règle protège toutefois le dispositif : l'amortissement ne peut pas créer ni aggraver un déficit. La part qui dépasse le bénéfice est mise en réserve et reportée sans limite de durée sur les exercices suivants. Ce mécanisme est détaillé sur la fiche LMNP, et il repose entièrement sur le classement du bien en immobilisation amortissable.

Besoin d'aide pour établir un plan d'amortissement ou optimiser vos immobilisations ?

Comparer les experts-comptables en ligne

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre amortissement linéaire et dégressif ?

L'amortissement linéaire répartit le coût du bien en annuités égales sur toute sa durée d'usage : un ordinateur de 12 000 € sur 4 ans donne 3 000 € par an. L'amortissement dégressif applique un taux plus élevé les premières années puis décroissant, ce qui augmente la charge au début et réduit l'impôt plus tôt. Le dégressif est réservé à certains biens neufs (matériel industriel, informatique) et suppose de multiplier le taux linéaire par un coefficient fiscal.

Sur combien d'années amortir un ordinateur ou un véhicule ?

Les durées d'usage courantes sont de 3 ans pour le matériel informatique, 5 ans pour un véhicule, 5 à 10 ans pour le matériel et l'outillage, 10 ans pour le mobilier de bureau et 20 à 50 ans pour un immeuble. Ces durées sont des repères d'usage : la durée retenue doit refléter la durée réelle d'utilisation du bien dans l'entreprise.

L'amortissement est-il une dépense de trésorerie ?

Non. L'amortissement est une charge non décaissée : l'argent est sorti au moment de l'achat du bien, pas au rythme de l'amortissement. Chaque année, la dotation aux amortissements réduit le résultat comptable et donc l'impôt, sans mouvement bancaire. C'est ce qui explique qu'une entreprise puisse afficher un faible bénéfice tout en dégageant de la trésorerie.

Comment fonctionne l'amortissement en LMNP ?

Au régime réel, le loueur en meublé non professionnel (LMNP) amortit le bien immobilier (hors valeur du terrain), le mobilier et les travaux. Ces amortissements viennent en déduction des loyers et effacent souvent tout le bénéfice imposable pendant des années. Particularité : l'amortissement ne peut pas creuser ou augmenter un déficit, la fraction non utilisée est reportée sans limite de durée sur les exercices suivants.

Où voit-on l'amortissement dans les comptes ?

L'amortissement apparaît à deux endroits. Au compte de résultat, la dotation aux amortissements de l'exercice figure en charge d'exploitation. Au bilan, le cumul des amortissements est retranché de la valeur d'origine de l'immobilisation pour donner la valeur nette comptable, soit ce qu'il reste à amortir.