Analyse financière

Valeur ajoutée

Définition

Richesse réellement créée par l'entreprise sur un exercice. Elle se calcule en retranchant du chiffre d'affaires (ou de la production) les consommations en provenance de tiers : achats consommés et charges externes. Elle mesure ce que l'entreprise ajoute par son propre travail à ce qu'elle a acheté à l'extérieur.

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Définition détaillée

La valeur ajoutée mesure la richesse réellement créée par une entreprise au cours d'un exercice. Elle répond à une question précise : une fois retiré tout ce que l'entreprise a acheté à d'autres pour fonctionner, que reste-t-il comme valeur produite par son propre travail et ses propres moyens ?

Elle part de ce que l'entreprise génère (ses ventes et sa production) et en retranche les consommations en provenance de tiers : les biens et services achetés à l'extérieur puis consommés dans l'activité. Ce qui subsiste, la valeur ajoutée, va ensuite se répartir entre ceux qui ont contribué à la créer : les salariés, l'État, les prêteurs et l'entreprise elle-même.

À retenir : la valeur ajoutée se raisonne toujours hors taxes. Elle n'a rien à voir avec la TVA, malgré la proximité des mots. C'est un indicateur de gestion, pas un impôt.

Comment se calcule la valeur ajoutée

Le calcul enchaîne deux temps. On mesure d'abord ce que l'entreprise a généré, puis on retranche ce qu'elle a consommé auprès de tiers.

  • La marge commerciale : pour l'activité de négoce, les ventes de marchandises moins le coût d'achat de ces marchandises.
  • La production de l'exercice : les prestations vendues et les biens fabriqués, y compris la production stockée ou immobilisée.
  • Les consommations en provenance de tiers, que l'on soustrait : les achats de matières et fournitures consommés, ainsi que les autres achats et charges externes (loyers, sous-traitance, énergie, honoraires, assurances, transport).

La formule tient donc en une ligne : valeur ajoutée = marge commerciale + production de l'exercice, moins les consommations en provenance de tiers. Point important : les salaires et les impôts ne sont pas des consommations de tiers, ils viennent plus bas dans le calcul et ne sont donc pas déduits ici.

Exemple chiffré

Prenons une petite entreprise de services sur un exercice annuel. Le tableau part du chiffre d'affaires et descend jusqu'à l'EBE pour situer la valeur ajoutée dans l'enchaînement.

Chiffre d'affaires (production de l'exercice)200 000 €
Achats consommés (matières, fournitures)- 70 000 €
Autres achats et charges externes- 40 000 €
Valeur ajoutée90 000 €
Impôts et taxes- 5 000 €
Charges de personnel (salaires et cotisations)- 55 000 €
Excédent brut d'exploitation30 000 €

Ici, l'entreprise crée 90 000 € de valeur ajoutée. Cette richesse est ensuite consommée par les impôts et taxes puis par les salaires, ce qui laisse un excédent brut d'exploitation de 30 000 €.

Sa place dans les soldes intermédiaires de gestion

La valeur ajoutée est l'un des soldes intermédiaires de gestion, la cascade d'indicateurs qui décompose le compte de résultat. Elle se lit après la production de l'exercice et juste avant l'excédent brut d'exploitation.

L'enchaînement est le suivant : production de l'exercice, puis valeur ajoutée (production moins consommations de tiers), puis excédent brut d'exploitation (valeur ajoutée plus subventions d'exploitation, moins impôts et taxes et charges de personnel). Chaque solde isole une étape de la formation du résultat, et la valeur ajoutée marque précisément le passage de ce qui est produit à ce qui reste après paiement des fournisseurs extérieurs.

À quoi sert la valeur ajoutée

C'est d'abord un indicateur de répartition. La valeur ajoutée se partage entre quatre bénéficiaires :

  • Les salariés, à travers les salaires et les cotisations sociales.
  • L'État et les collectivités, via les impôts et taxes et les impôts sur les bénéfices.
  • Les prêteurs, par les intérêts versés sur les emprunts.
  • L'entreprise elle-même, qui conserve le reste pour se financer, investir ou rémunérer les associés.

Elle sert aussi de base à un impôt : la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Enfin, rapportée aux effectifs, elle mesure la productivité, et suivie dans le temps, elle révèle si l'entreprise crée de plus en plus de richesse ou si elle dépend de plus en plus de ses fournisseurs extérieurs.

Différence avec la TVA

La TVA et la valeur ajoutée portent des noms proches mais n'ont pas la même nature. La valeur ajoutée est un indicateur de gestion qui mesure la richesse créée. La TVA est un impôt collecté par l'entreprise sur ses ventes, déduit sur ses achats, dont elle reverse le solde à l'État. La TVA ne figure jamais dans le calcul de la valeur ajoutée, qui se raisonne en montants hors taxes.

En résumé : la valeur ajoutée dit combien de richesse l'entreprise a créée ; la TVA est un impôt qu'elle collecte pour le compte de l'État. Deux notions différentes, à ne pas confondre.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la valeur ajoutée et la TVA ?

Ce sont deux notions distinctes qu'on confond souvent. La valeur ajoutée est un indicateur de gestion : elle mesure la richesse créée par l'entreprise, c'est-à-dire ce qu'elle produit moins ce qu'elle achète à des tiers. La TVA est un impôt : l'entreprise la collecte sur ses ventes, la déduit sur ses achats et reverse la différence à l'État. La TVA n'entre jamais dans le calcul de la valeur ajoutée, qui se raisonne toujours en montants hors taxes.

Comment calcule-t-on la valeur ajoutée ?

On part de la marge commerciale (ventes de marchandises moins coût d'achat de ces marchandises) additionnée à la production de l'exercice (prestations et biens fabriqués). On retranche ensuite les consommations en provenance de tiers : les achats de matières consommées et l'ensemble des autres achats et charges externes (loyers, sous-traitance, énergie, honoraires, assurances). Le solde obtenu est la valeur ajoutée.

La valeur ajoutée sert-elle à calculer un impôt ?

Oui. La valeur ajoutée sert de base à la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, l'une des deux composantes de la contribution économique territoriale. Le montant de valeur ajoutée retenu pour cet impôt suit une définition fiscale précise, un peu différente de la valeur ajoutée purement comptable, mais la logique reste la même : taxer la richesse créée plutôt que le seul chiffre d'affaires.

Quelle est la différence entre la valeur ajoutée et l'EBE ?

La valeur ajoutée se situe en amont dans les soldes intermédiaires de gestion. En partant de la valeur ajoutée, on ajoute les subventions d'exploitation, puis on retranche les impôts et taxes et les charges de personnel : on obtient alors l'excédent brut d'exploitation. L'EBE mesure donc ce qui reste de la valeur ajoutée une fois payés les salariés et l'État, avant amortissements et charges financières.