Récapitulatif des coûts de création d'une SAS
| Poste de coût | Montant | Obligatoire ? |
|---|---|---|
| Immatriculation au greffe (Guichet Unique) | 37,45 € | Oui |
| Annonce légale (JAL) | 150 – 250 € HT | Oui |
| Capital social (minimum légal) | 1 € minimum | Oui |
| Dépôt du capital en banque | 0 – 100 € | Oui |
| Rédaction des statuts | 0 – 2 000 € | Oui (DIY possible) |
| Domiciliation commerciale | 20 – 80 €/mois | Non |
| Expert-comptable | 100 – 180 €/mois | Non |
| Total création (hors EC et domiciliation) | 250 – 3 000 € | — |
Les frais obligatoires pour créer une SAS
Quel que soit le mode de création choisi, trois postes de dépense sont incompressibles.
L'immatriculation au Registre du Commerce (RCS)
Depuis 2023, toutes les formalités de création passent par le Guichet Unique de l'INPI. Les frais d'immatriculation au RCS pour une SAS exerçant une activité commerciale s'élèvent à 37,45 € en 2026. Ce tarif est fixé par décret et identique sur tout le territoire métropolitain. Les activités artisanales sont également immatriculées au Répertoire des Métiers, avec des frais du même ordre.
La publication d'une annonce légale
La loi impose de publier un avis de constitution dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) habilité dans le département du siège social. Les tarifs, fixés par arrêté ministériel, varient selon la longueur de l'annonce et le département. Pour une SAS en métropole, comptez entre 150 et 250 € HT. L'annonce d'une SAS est généralement plus longue que celle d'une SARL en raison de la flexibilité statutaire (organes de direction, conditions de cession d'actions, etc.).
Le dépôt du capital social
Avant l'immatriculation, les apports en numéraire doivent être déposés sur un compte bloqué auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts. Les néobanques professionnelles (Qonto, Shine, Blank) proposent le dépôt de capital gratuitement ou pour quelques dizaines d'euros. Les banques traditionnelles facturent entre 50 et 100 €. Le certificat de dépôt des fonds, indispensable pour l'immatriculation, est délivré sous 24 à 72 heures.
La rédaction des statuts : le poste le plus variable
Les statuts de SAS sont réputés plus complexes que ceux d'une SARL. La loi laisse une grande liberté aux fondateurs pour organiser la gouvernance, les droits de vote, les clauses de cession d'actions et les organes de direction. Cette souplesse est un atout, mais elle rend la rédaction plus technique.
- Rédaction personnelle à partir d'un modèle (0 – 100 €) : des modèles gratuits existent en ligne. Adapté uniquement aux SASU simples (associé unique, pas d'apports en nature). Pour une SAS pluripersonnelle, le risque de clauses inadaptées ou manquantes est élevé.
- Plateforme juridique en ligne (150 – 400 €) : des services comme Legalplace, Captain Contrat ou Legalstart génèrent des statuts personnalisés via un questionnaire guidé. Bon compromis pour les créations sans particularité majeure. Attention : les options (pacte d'associés, registre des mouvements de titres) sont souvent facturées en supplément.
- Avocat spécialisé (500 – 2 000 €) : indispensable dès qu'il y a plusieurs associés, des apports en nature (matériel, brevet, fonds de commerce), des clauses d'agrément renforcées ou un projet de levée de fonds. L'avocat peut aussi rédiger le pacte d'associés, document distinct des statuts mais essentiel pour organiser les relations entre fondateurs.
- Expert-comptable (souvent inclus dans le forfait) : de nombreux cabinets spécialisés dans la création incluent la rédaction ou la relecture des statuts dans leur forfait de première année. C'est un argument à vérifier lors de la comparaison des offres.
L'enregistrement des statuts auprès de l'administration fiscale est gratuit depuis 2015.
Les frais annexes courants
- Domiciliation commerciale (20 – 80 €/mois) : si vous ne souhaitez pas domicilier la SAS à votre adresse personnelle, une société de domiciliation fournit une adresse professionnelle et un service de réexpédition du courrier. Les tarifs varient selon la ville et les services inclus (salle de réunion, ligne téléphonique).
- Compte bancaire professionnel (9 – 40 €/mois) : obligatoire pour une SAS. Les néobanques proposent des offres à partir de 9 €/mois, les banques traditionnelles entre 20 et 40 €/mois.
- Assurance responsabilité civile professionnelle (200 – 800 €/an) : non obligatoire pour toutes les activités, mais fortement recommandée. Obligatoire pour certaines professions réglementées.
- Expert-comptable (100 – 180 €/mois) : bien que non obligatoire, l'accompagnement d'un expert-comptable est quasi indispensable pour une SAS. Pour connaître les tarifs détaillés, consultez notre guide sur le coût d'un expert-comptable pour une SAS.
4 scénarios de création chiffrés
Pour y voir clair, voici le budget total selon le mode de création choisi :
| Scénario | Budget total | Détail |
|---|---|---|
| Création seul (DIY) | 250 – 500 € | Greffe + annonce légale + dépôt capital + statuts rédigés soi-même |
| Avec plateforme en ligne | 400 – 900 € | Frais obligatoires + 150-400€ de frais de service (statuts, formalités) |
| Avec avocat | 1 500 – 3 000 € | Frais obligatoires + 500-2 000€ d'honoraires (statuts + pacte d'associés) |
| Avec expert-comptable | Souvent inclus dans le 1er forfait annuel | Création offerte ou facturée 300-800€, intégrée au forfait 100-180€/mois |
Le rôle de l'expert-comptable à la création d'une SAS
L'expert-comptable n'est pas obligatoire, mais son intervention dès la phase de création peut vous faire économiser bien plus que ses honoraires. Voici ce qu'il apporte concrètement :
- Choix du régime fiscal : IS ou option IR temporaire (5 ans maximum) — le mauvais choix peut coûter plusieurs milliers d'euros en impôts dès la première année.
- Optimisation de la rémunération du président : salaire, dividendes, combinaison des deux — l'arbitrage est complexe en SAS car le président est assimilé salarié (charges sociales plus élevées qu'en SARL, mais meilleure protection sociale).
- Relecture ou rédaction des statuts : un regard complémentaire à celui de l'avocat, axé sur les implications fiscales et comptables des clauses retenues.
- Établissement du prévisionnel financier : indispensable si vous sollicitez un prêt bancaire ou si vous souhaitez calibrer le capital social de manière cohérente.
- Paramétrage comptable et fiscal : plan comptable, régime de TVA, choix du logiciel, synchronisation bancaire — tout est prêt dès le jour 1.
La plupart des cabinets spécialisés dans la création d'entreprise proposent des forfaits incluant l'accompagnement à la constitution, la rédaction ou relecture des statuts et le paramétrage comptable initial. Pour une comparaison des formes juridiques, consultez aussi notre guide EURL ou SASU.
Les aides pour réduire le coût de création
Plusieurs dispositifs permettent d'alléger la facture de démarrage d'une SAS :
L'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise)
L'ACRE accorde une exonération partielle de charges sociales pendant la première année d'activité. Pour le président d'une SAS, cela représente une économie significative sur les cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales). La demande se fait lors de l'immatriculation via le Guichet Unique. Conditions : ne pas avoir bénéficié de l'ACRE dans les 3 années précédentes et exercer le contrôle effectif de la société.
Le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI)
Si votre SAS consacre au moins 15 % de ses charges à la R&D, elle peut prétendre au statut JEI. Avantages : exonération partielle de charges sociales sur les salaires du personnel de recherche, exonération de CFE et de CVAE pendant 7 ans, et exonération d'impôt sur les bénéfices (totale la première année, puis dégressive). Un levier puissant pour les startups technologiques.
Les aides régionales et locales
Selon votre région, vous pouvez bénéficier de subventions, d'avances remboursables ou de prêts d'honneur à taux zéro pour financer la création. Les réseaux d'accompagnement (BPI France, Initiative France, Réseau Entreprendre) proposent aussi des financements complémentaires. Renseignez-vous auprès de votre CCI ou de votre conseil régional.
Les pièges à éviter lors de la création d'une SAS
Créer une SAS à moindre coût est possible, mais certaines économies mal placées peuvent coûter très cher à terme :
- Des statuts mal rédigés : la flexibilité de la SAS est un atout à condition d'en maîtriser les implications. Des statuts copiés d'un modèle générique peuvent omettre des clauses essentielles (agrément, droit de préemption, majorités qualifiées) et générer des blocages ou des conflits entre associés. Le coût d'un contentieux entre associés dépasse facilement 10 000 €.
- L'absence de pacte d'associés : distinct des statuts, le pacte d'associés organise les relations entre fondateurs : engagement de non-concurrence, clause de sortie conjointe (tag-along), clause d'entraînement (drag-along), droit de premier refus. Sans pacte, les situations de blocage sont fréquentes et les solutions judiciaires longues et coûteuses.
- La sous-capitalisation : un capital de 1 € oblige à fonctionner immédiatement avec des apports en compte courant d'associés ou du financement externe. Cela fragilise la société vis-à-vis des tiers et peut entraîner un passage en capitaux propres négatifs dès les premiers mois.
- Oublier la paie du président : le président de SAS est assimilé salarié. Même sans rémunération, un bulletin de paie "à zéro" doit être établi et les déclarations sociales doivent être effectuées. Oublier ce point peut entraîner des pénalités URSSAF.
- Ne pas anticiper le coût de fonctionnement : au-delà des frais de création, prévoyez un budget de fonctionnement pour les 6 à 12 premiers mois (expert-comptable, banque, assurance, domiciliation). Une SAS coûte en charges récurrentes entre 200 et 500 € par mois avant même de générer du chiffre d'affaires.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d'une SAS en 2026 ?
Le coût total varie de 250 à 3 000 € selon le mode de création choisi. En autonomie via le Guichet Unique, comptez 250-500 €. Avec une plateforme juridique en ligne, 400-900 €. Avec un avocat, 1 500-3 000 €. Avec un expert-comptable, la création est souvent incluse dans le premier forfait annuel.
Quel est le capital social minimum pour créer une SAS ?
Le minimum légal est de 1 €, mais un capital de 1 000 à 10 000 € est recommandé selon l'activité. Contrairement à la SARL (20 %), la SAS impose la libération d'au moins 50 % du capital en numéraire à la constitution.
Peut-on créer une SAS gratuitement ?
Non. Les frais de greffe (37,45 €) et l'annonce légale (150-250 €) sont incompressibles. Même en rédigeant les statuts soi-même, le minimum se situe autour de 200 € hors capital social.
Faut-il un expert-comptable pour créer une SAS ?
Non, ce n'est pas obligatoire. Mais c'est fortement recommandé : choix du régime fiscal, optimisation de la rémunération du président, relecture des statuts, prévisionnel. De nombreux cabinets incluent la création dans leur premier forfait. Estimez votre tarif.
Quels sont les frais obligatoires pour créer une SAS ?
Trois frais sont incompressibles : l'immatriculation au greffe via le Guichet Unique (37,45 €), la publication d'une annonce légale (150-250 € HT), et le dépôt du capital social en banque (0-100 €). Total : environ 200-400 €.
Quelle différence de coût entre créer une SAS et une SARL ?
Les frais de greffe et d'annonce légale sont quasi identiques. La différence porte sur les statuts : ceux de la SAS, plus libres, coûtent 200-500 € de plus chez un professionnel. À long terme, le régime social du président de SAS (assimilé salarié) génère des charges plus élevées. Voir notre guide coût de création SARL.
L'ACRE s'applique-t-elle aux créateurs de SAS ?
Oui, le président d'une SAS peut bénéficier de l'ACRE sous conditions. Elle accorde une exonération partielle de charges sociales pendant la première année. La demande se fait lors de l'immatriculation via le Guichet Unique.
De nombreux cabinets en ligne incluent l'accompagnement à la création dans leur forfait de première année : rédaction des statuts, formalités, paramétrage comptable et fiscal. Tarifs à partir de 99 €/mois.
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