Statut juridique

SAS (Société par Actions Simplifiée)

Définition

Société commerciale à plusieurs associés, réputée pour la grande liberté offerte par ses statuts. Son capital est libre et réparti en actions, son dirigeant est un président assimilé salarié, et ses bénéfices sont soumis à l'impôt sur les sociétés par défaut. C'est la forme privilégiée des startups et des projets qui accueillent des investisseurs.

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Sommaire

Définition détaillée

La SAS, ou société par actions simplifiée, est une société commerciale qui réunit au moins deux associés. Sa marque de fabrique est la liberté laissée aux statuts : les associés fixent eux-mêmes les règles d'organisation, de direction et de prise de décision, dans des limites légales réduites au minimum. Cette souplesse explique son succès auprès des créateurs d'entreprise et des investisseurs.

Le capital de la SAS est divisé en actions, réparties entre les associés selon leurs apports. La société est dirigée par un président, personne physique ou morale, qui la représente vis-à-vis des tiers. Les associés ne risquent que le montant de leurs apports : leur patrimoine personnel est protégé des dettes de la société.

À retenir : lorsque la SAS ne compte qu'un seul associé, on parle de SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle). Les règles sont les mêmes, adaptées à l'associé unique.

Comment fonctionne une SAS

Le fonctionnement d'une SAS repose sur ses statuts, qui organisent la gouvernance presque à la carte :

  • La présidence : un président est obligatoire. Les statuts peuvent aussi créer un directeur général, un comité de direction ou un conseil, avec les pouvoirs de leur choix.
  • Les décisions collectives : les associés décident des grandes orientations (approbation des comptes, modification du capital, nomination du président). Les modalités de vote et les majorités sont librement définies dans les statuts.
  • Les actions : il est possible de créer plusieurs catégories d'actions, par exemple des actions à droit de vote double ou des actions de préférence, très utiles pour organiser l'entrée d'investisseurs.
  • Le régime social du président : il est assimilé salarié. Sur sa rémunération de dirigeant, il relève du régime général de la Sécurité sociale, sans cotisation d'assurance chômage.

Cette liberté a une contrepartie : des statuts mal rédigés créent des blocages. Un accompagnement par un professionnel du chiffre ou du droit reste utile à la création.

Capital, fiscalité et dividendes

Le capital social d'une SAS est libre : un euro suffit légalement. Les bénéfices sont soumis à l'impôt sur les sociétés par défaut. Voici un exemple sur un bénéfice de 60 000 euros, avant distribution aux associés :

Bénéfice imposable60 000 €
IS à 15 % (jusqu'à 42 500 €)- 6 375 €
IS à 25 % (part au-delà de 42 500 €)- 4 375 €
Bénéfice après impôt49 250 €
Distribution en dividendes49 250 €
Flat tax 30 % sur les dividendes- 14 775 €
Net perçu par les associés34 475 €

Les dividendes versés aux associés supportent le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Le président peut aussi se verser une rémunération de dirigeant, déductible du bénéfice mais chargée à environ 75 à 80 % du net.

Pour qui et pourquoi la choisir

La SAS est le statut de référence des projets ambitieux menés à plusieurs :

  • Startups et sociétés en levée de fonds : la liberté statutaire et les actions de préférence facilitent l'entrée d'investisseurs et les pactes d'associés.
  • Projets avec plusieurs fondateurs : la répartition des pouvoirs et du capital se règle finement dans les statuts.
  • Montages avec une holding : la SAS s'intègre bien dans un groupe de sociétés, en tant que filiale ou tête de groupe.
  • Dirigeants attachés à la protection sociale du régime général : retraite et couverture santé alignées sur celles d'un salarié.
  • Entrées et sorties d'associés fréquentes : les actions se cèdent plus simplement que les parts de SARL.

Différence avec la SARL

La SAS et la SARL sont les deux formes de société à plusieurs les plus répandues, mais elles n'obéissent pas à la même logique. La SARL suit un cadre légal détaillé qui sécurise mais rigidifie le fonctionnement. La SAS, elle, laisse les statuts organiser presque tout. La distinction la plus lourde de conséquences concerne le régime social du dirigeant : le président de SAS est assimilé salarié (charges plus élevées, meilleure protection), tandis que le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié (cotisations plus légères, couverture réduite). Enfin, la SAS émet des actions librement cessibles, la SARL des parts sociales dont la cession à des tiers est encadrée.

En résumé : on choisit la SAS pour la souplesse et l'ouverture aux investisseurs, la SARL pour un cadre balisé et des charges sociales de dirigeant plus faibles. Pour un projet à un associé unique, ces deux formes deviennent la SASU et l'EURL.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une SAS et une SARL ?

La SAS est plus souple : ses statuts fixent librement les règles de fonctionnement, alors que la SARL suit un cadre légal détaillé et plus rigide. Autre écart majeur, le statut social du dirigeant. Le président de SAS est assimilé salarié (régime général de la Sécurité sociale, pas de cotisation chômage), tandis que le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié, avec des cotisations plus faibles mais une protection sociale moindre. Enfin, la SAS émet des actions, la SARL des parts sociales.

Quel capital minimum pour créer une SAS ?

Le capital d'une SAS est libre : la loi impose un minimum d'un euro. En pratique, un capital trop faible fragilise la crédibilité face aux banques et aux fournisseurs. Les associés apportent des sommes d'argent (apports en numéraire) ou des biens (apports en nature) en échange d'actions. La moitié au moins des apports en numéraire doit être versée à la création, le solde dans les cinq ans.

Comment le dirigeant d'une SAS est-il rémunéré ?

Le président peut percevoir une rémunération de mandat social, soumise aux cotisations du régime assimilé salarié (environ 75 à 80 % de charges sur le net), et il reçoit alors un bulletin de paie. Il peut aussi, s'il est associé, toucher des dividendes prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Beaucoup de dirigeants combinent les deux selon leur situation.

La SAS est-elle soumise à l'impôt sur les sociétés ?

Oui, par défaut. Le bénéfice de la SAS est imposé à l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice pour les sociétés qui remplissent les conditions du taux réduit, puis 25 % au-delà. Une option pour l'impôt sur le revenu est possible pendant cinq exercices maximum, sous conditions, pour les jeunes sociétés.

Pour qui la SAS est-elle adaptée ?

La SAS convient aux projets menés à plusieurs qui veulent structurer leur gouvernance sur mesure : startups, sociétés destinées à lever des fonds, groupes avec une holding, associés aux profils variés. La liberté statutaire facilite l'entrée d'investisseurs, la création de plusieurs catégories d'actions et les pactes d'associés. Pour un projet à un seul associé, on utilise sa variante, la SASU.