Taxe sur les véhicules de société (ex-TVS)
Taxe due par les sociétés qui possèdent ou utilisent des véhicules de tourisme. Depuis 2022, l'ancienne TVS a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes : la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques (ex-taxe ancienneté).
Sommaire
Définition détaillée
La taxe sur les véhicules de société, longtemps désignée par le sigle TVS, est une taxe annuelle due par les sociétés qui possèdent ou utilisent des véhicules de tourisme dans le cadre de leur activité en France. Elle s'applique quelle que soit la forme juridique (SARL, SAS, SCI...) et quel que soit le régime d'imposition des bénéfices.
Depuis 2022, l'ancienne TVS a disparu des textes. Elle a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes : la taxe annuelle sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques, cette dernière ayant pris la suite de l'ancienne composante liée à l'ancienneté du véhicule. Dans le langage courant, on continue de parler de "TVS", mais le calcul repose désormais sur ces deux taxes calculées séparément puis additionnées.
Les deux taxes qui remplacent la TVS
Le montant total dû par la société est la somme de deux taxes calculées indépendamment pour chaque véhicule :
- La taxe sur les émissions de CO2 : elle s'appuie sur le taux de CO2 rejeté par le véhicule (en grammes par kilomètre) selon un barème progressif. Plus les émissions sont élevées, plus le tarif appliqué augmente. La méthode de détermination des émissions dépend de la norme d'homologation du véhicule (dispositif WLTP pour les modèles récents).
- La taxe sur les émissions de polluants atmosphériques (ex-taxe ancienneté) : elle dépend de la motorisation du véhicule (essence, diesel) et de son année de mise en circulation. Les véhicules diesel les plus anciens sont les plus taxés, les motorisations récentes et propres le moins.
Les barèmes sont revus chaque année par la loi de finances. Les montants qui suivent dans cette page sont donnés à titre d'illustration : reportez-vous toujours au barème officiel de l'année d'imposition concernée, car les seuils et les tarifs évoluent régulièrement.
Véhicules concernés
Les deux taxes visent les véhicules de tourisme utilisés en France pour l'activité économique de la société. Sont concernés :
- Les véhicules immatriculés au nom de la société (détenus ou pris en location de longue durée).
- Les véhicules loués par la société pour une durée significative.
- Les véhicules possédés ou loués par un salarié ou un dirigeant, pour lesquels la société rembourse des frais kilométriques au-delà d'un certain nombre de kilomètres parcourus dans l'année. Un abattement s'applique dans ce cas de figure.
La qualification exacte de "véhicule de tourisme" repose sur la catégorie d'immatriculation. Les véhicules utilitaires conçus pour le transport de marchandises échappent en principe à ces taxes.
Exonérations
Plusieurs situations ouvrent droit à une exonération, totale ou partielle :
- Véhicules électriques : un véhicule fonctionnant exclusivement à l'électricité n'émet ni CO2 ni polluant à l'échappement. Il est donc exonéré des deux taxes.
- Véhicules hybrides : selon leur type de motorisation et leur niveau d'émissions, ils peuvent bénéficier d'une exonération totale ou partielle, souvent temporaire.
- Véhicules accessibles en fauteuil roulant et certains usages spécifiques (véhicules destinés à la vente, à la location, à l'enseignement de la conduite, à un usage agricole...).
Exemple de calcul
Prenons une société qui détient une berline essence récente émettant environ 130 g de CO2 par kilomètre, sur une année complète. Les montants ci-dessous sont purement indicatifs et servent à illustrer la logique d'addition des deux taxes :
| Taxe sur les émissions de CO2 (barème progressif) | 600 € |
| Taxe sur les émissions de polluants (essence récente) | 100 € |
| Total dû pour ce véhicule sur l'année | 700 € |
La société additionne ensuite ce total véhicule par véhicule pour obtenir le montant global à déclarer. Un véhicule diesel ancien coûterait sensiblement plus cher sur la seconde taxe, tandis qu'un véhicule électrique ramènerait les deux lignes à zéro.
Déclaration et paiement
Les deux taxes se déclarent une fois par an, au titre de la période d'imposition qui correspond à l'année civile écoulée. Les modalités dépendent du régime de TVA de la société : la déclaration passe soit par une annexe à la déclaration de TVA, soit par un formulaire dédié pour les sociétés qui ne relèvent pas du régime réel normal.
En pratique, le calcul suppose de tenir à jour la liste des véhicules, leurs émissions de CO2, leur motorisation et leur date de mise en circulation. C'est souvent l'expert-comptable qui établit ce décompte, en lien avec le suivi des notes de frais lorsque des salariés utilisent leur véhicule personnel et se font rembourser des indemnités kilométriques.
Sur le plan comptable, ces taxes constituent une charge de la société. Attention toutefois : la taxe sur les émissions de CO2 n'est pas déductible du résultat pour les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, ce qui renchérit son coût réel. Ce traitement doit être vérifié au cas par cas selon le régime d'imposition.
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La TVS existe-t-elle encore ?
Le sigle TVS n'existe plus dans les textes depuis 2022. L'ancienne taxe sur les véhicules de société a été scindée en deux taxes annuelles distinctes : la taxe sur les émissions de CO2 et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques (ex-composante ancienneté). Le nom TVS reste utilisé dans le langage courant, mais la déclaration et le calcul reposent désormais sur ces deux taxes séparées.
Les véhicules électriques sont-ils concernés par la taxe ?
Les véhicules qui roulent exclusivement à l'électricité sont exonérés de la taxe sur les émissions de CO2 comme de la taxe sur les polluants atmosphériques, car ils n'émettent pas de CO2 ni de polluants à l'échappement. Les véhicules hybrides peuvent bénéficier d'exonérations partielles ou totales selon leur motorisation et leurs émissions. Ces règles évoluant régulièrement, vérifiez le régime applicable à l'année concernée.
Quelles sociétés doivent payer la taxe sur les véhicules de société ?
Toutes les sociétés, quels que soient leur forme (SARL, SAS, SCI...) et leur régime d'imposition, qui possèdent ou utilisent des véhicules de tourisme pour leur activité en France. Sont concernés les véhicules détenus, loués, mais aussi ceux dont la société rembourse les frais kilométriques aux salariés ou dirigeants au-delà d'un certain seuil de kilomètres.
Comment sont calculées les deux taxes ?
La taxe sur les émissions de CO2 s'appuie sur un barème progressif fonction du taux de CO2 rejeté par le véhicule : plus il émet, plus le tarif au gramme est élevé. La taxe sur les polluants atmosphériques dépend de la catégorie de motorisation (essence, diesel) et de l'année de mise en circulation. Les barèmes sont révisés chaque année par la loi de finances, il faut donc toujours se référer au barème de l'année d'imposition.
Quand et comment déclarer la taxe ?
Les deux taxes se déclarent une fois par an, l'année suivant la période d'imposition (année civile). Selon le régime de TVA de la société, la déclaration se fait via l'annexe à la déclaration de TVA ou via un formulaire dédié. L'expert-comptable établit généralement ce calcul à partir du parc de véhicules et de leurs caractéristiques techniques.