Fiscalité

Frais réels

Définition

Option de l'impôt sur le revenu qui remplace la déduction forfaitaire de 10 % appliquée aux salaires par la déduction des dépenses professionnelles réellement payées : trajets domicile-travail, repas, télétravail, formation. Elle devient intéressante dès que ces dépenses dépassent 10 % du salaire imposable, le forfait étant plafonné à 14 555 euros pour les revenus 2025.

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Sommaire

Définition détaillée

Les frais réels sont un mode de déduction des frais professionnels à l'impôt sur le revenu. Par défaut, l'administration retire automatiquement 10 % de chaque salaire déclaré pour tenir compte des dépenses liées au travail. L'option frais réels consiste à remplacer ce forfait par le montant exact des dépenses engagées dans l'année, justificatifs à l'appui.

L'option est individuelle et annuelle : dans un couple, un conjoint peut rester au forfait pendant que l'autre passe aux réels, et chacun peut revenir en arrière l'année suivante. Le calcul se fait au moment de la déclaration de revenus, sans engagement pour l'avenir.

À retenir : le fisc applique toujours la solution que vous choisissez, pas la plus avantageuse. Si vous n'optez pas, c'est le forfait de 10 % qui s'applique, même quand les réels auraient rapporté plus. La comparaison annuelle prend dix minutes et peut valoir plusieurs centaines d'euros.

L'abattement de 10 % : la règle par défaut

La déduction forfaitaire de 10 % est un abattement appliqué automatiquement sur les traitements et salaires, sans aucun justificatif. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, elle est encadrée par deux bornes :

  • Plancher : 509 € par membre du foyer percevant un salaire, même si 10 % du salaire donne moins.
  • Plafond : 14 555 € par personne, atteint autour de 145 000 € de salaire imposable.

Le forfait couvre en bloc tous les frais professionnels courants. Il est avantageux pour la grande majorité des salariés, notamment ceux qui habitent près de leur travail ou télétravaillent avec une allocation de l'employeur.

Quelles dépenses déduire en frais réels

Les principales dépenses admises, à condition d'être justifiées et liées à l'activité salariée :

  • Trajets domicile-travail : évalués avec le barème kilométrique selon la puissance du véhicule et la distance annuelle. Au-delà de 40 km entre domicile et travail (80 km aller-retour), la distance excédentaire doit être justifiée par des circonstances particulières (mutation du conjoint, par exemple).
  • Frais de repas : quand l'éloignement empêche de rentrer déjeuner, la dépense déductible est la part dépassant la valeur forfaitaire d'un repas pris à domicile, fixée chaque année par l'administration.
  • Télétravail : quote-part de loyer, d'électricité, d'internet et de mobilier pour la pièce utilisée, sauf si l'employeur verse une allocation exonérée qui couvre déjà ces frais.
  • Autres frais : double résidence imposée par l'emploi, formation, documentation professionnelle, cotisations syndicales, matériel et vêtements spécifiques.

En optant pour les réels, il faut réintégrer au salaire imposable les remboursements de frais reçus de l'employeur qui couvrent les mêmes dépenses.

Exemple chiffré

Un salarié gagne 30 000 € imposables et parcourt 12 000 km par an pour aller travailler avec une voiture de 5 CV :

Déduction forfaitaire de 10 %3 000 €
Frais kilométriques (barème 5 CV, 12 000 km)environ 5 680 €
Repas et télétravail justifiés900 €
Total frais réelsenviron 6 580 €
Base imposable réduite de3 580 €

Avec un taux marginal de 30 %, l'option frais réels fait économiser environ 1 070 € d'impôt par rapport au forfait. Plus les trajets sont longs et le salaire modeste, plus l'écart se creuse.

Comment opter en pratique

L'option se prend dans la déclaration de revenus : le montant total des frais se reporte dans les cases 1AK à 1DK, avec le détail du calcul à fournir sur demande. Trois réflexes :

  • Conserver les justificatifs 3 ans : factures, relevés de péage, attestation d'assurance mentionnant les trajets professionnels.
  • Refaire le calcul chaque année : un déménagement ou un passage au télétravail change la donne.
  • Comparer avant de signer : le simulateur de l'administration ou un professionnel tranche vite. Pour les professions libérales, la logique de déduction des frais est différente : voir notre guide de la comptabilité des professions libérales.

Différence avec les charges déductibles

Les frais réels sont l'affaire des salariés (et des dirigeants imposés comme tels, président de SASU en tête) : ils réduisent le salaire imposable du foyer. Les charges déductibles jouent au niveau de l'entreprise : elles réduisent le bénéfice imposable avant impôt. Un indépendant au régime réel n'a donc pas à choisir entre forfait et frais réels : ses dépenses professionnelles passent directement en charges dans sa comptabilité.

En résumé : forfait de 10 % par défaut, frais réels sur option quand les dépenses justifiées dépassent le forfait. La comparaison se refait chaque année, individuellement.

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Questions fréquentes

Frais réels ou abattement de 10 % : comment choisir ?

Comparez simplement : additionnez vos dépenses professionnelles de l'année (trajets au barème kilométrique, repas, télétravail, formation) et confrontez le total à 10 % de votre salaire imposable. Si vos frais dépassent le forfait, optez pour les réels ; sinon, laissez le forfait s'appliquer automatiquement. Le choix se fait chaque année, salarié par salarié au sein du foyer, au moment de la déclaration.

Quelles dépenses peut-on déduire en frais réels ?

Les trajets domicile-travail (barème kilométrique, limité à 80 km aller-retour par jour sauf circonstances particulières), les frais de repas quand on ne peut pas rentrer déjeuner (part dépassant la valeur d'un repas à domicile), les frais de télétravail, la double résidence imposée par l'emploi, les frais de formation, de documentation et de matériel professionnel. Chaque dépense doit être justifiée et les justificatifs conservés 3 ans.

Quel est le plafond de l'abattement de 10 % ?

Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, la déduction forfaitaire de 10 % est comprise entre un plancher de 509 € et un plafond de 14 555 € par membre du foyer. Au-delà d'environ 145 000 € de salaire imposable, le forfait est donc écrêté, ce qui peut rendre les frais réels avantageux même avec des dépenses modestes en proportion. Les frais réels, eux, n'ont pas de plafond.

Les frais réels s'appliquent-ils aux indépendants ?

Non, l'option frais réels concerne les salaires (et les rémunérations des dirigeants imposées comme des salaires, président de SASU par exemple). Les indépendants au régime réel déduisent leurs charges professionnelles directement de leur bénéfice : c'est le mécanisme des charges déductibles. Les micro-entrepreneurs, eux, bénéficient d'un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires et ne peuvent rien déduire de plus.