Comptabilité d'une profession libérale : ce qui est vraiment obligatoire

Médecin, avocat, consultant, kiné, architecte : les professions libérales ont une comptabilité à part, plus légère que celle d'un commerçant, mais avec ses propres règles. Comptabilité de trésorerie, déclaration 2035, registre des immobilisations, et depuis 2023 la disparition de l'intérêt fiscal des AGA : voici ce qui est réellement obligatoire selon votre régime, et ce que coûte un accompagnement.

Comptabilité d'une profession libérale : livre-journal et déclaration 2035
Sommaire
77 700 €
le seuil du micro-BNC
2035
la déclaration du régime réel BNC
Recettes-dépenses
la logique comptable des BNC
49 à 90 €
HT/mois pour une déclaration contrôlée en ligne
Une profession libérale relève des BNC et tient une comptabilité de trésorerie : on enregistre les recettes quand elles sont encaissées et les dépenses quand elles sont payées, sans bilan complet à établir. En micro-BNC (jusqu'à 77 700 € de recettes), un simple livre des recettes suffit. En déclaration contrôlée, il faut un livre-journal, un registre des immobilisations et la déclaration 2035 chaque année.

1. Pourquoi les libéraux sont à part (BNC)

Les revenus des professions libérales relèvent des bénéfices non commerciaux, pas des BIC des commerçants. Conséquence majeure : la comptabilité est dite de trésorerie (recettes-dépenses), et non d'engagement. Vous comptabilisez une recette quand le client vous paie, une dépense quand vous la réglez. Pas de factures clients en attente à rattacher, pas de stock, pas de factures non parvenues à provisionner.

Autre conséquence : pas de bilan ni de compte de résultat au format commercial. Le résultat BNC se détermine sur la déclaration 2035, un formulaire spécifique qui récapitule recettes encaissées, dépenses payées et amortissements. Les libéraux en société (SELARL, SELAS) basculent en revanche dans les règles des sociétés, comptabilité d'engagement comprise.

À RETENIR
Sur option, un professionnel en déclaration contrôlée peut tenir une comptabilité d'engagement (créances acquises et dépenses engagées). Presque personne ne le fait : la trésorerie est plus simple et colle à la réalité d'un cabinet libéral.

2. En micro-BNC : le strict minimum

Obligations comptables du micro-BNC
Un livre des recettes chronologique : date, identité du client, nature, montant, mode de règlement
Les factures émises, conformes et numérotées
Un compte bancaire dédié au-delà de 10 000 € de recettes deux années de suite
La conservation des justificatifs pendant 10 ans

C'est tout. Pas de livre des dépenses obligatoire (l'abattement forfaitaire de 34 % couvre vos frais), pas de 2035, pas de liasse. Le détail du régime, ses plafonds et l'arbitrage avec le réel sont dans notre guide du micro-BNC. Gardez néanmoins une trace de vos dépenses réelles : c'est elle qui vous dira un jour si la déclaration contrôlée devient plus intéressante.

3. En déclaration contrôlée : les vraies obligations

Au-delà de 77 700 € de recettes, ou sur option volontaire quand vos frais dépassent 34 %, vous passez au régime réel des BNC, dit déclaration contrôlée. Les obligations montent d'un cran :

Obligation Contenu
Livre-journal des recettes et dépenses Enregistrement chronologique de tous les encaissements et paiements professionnels
Registre des immobilisations et amortissements Matériel, véhicule, travaux : valeur d'origine, durée et annuités d'amortissement
Déclaration 2035 annuelle Détermination du bénéfice : recettes, 40 lignes de dépenses, plus-values, amortissements
Report sur la 2042-C-PRO Le bénéfice de la 2035 alimente la déclaration de revenus du foyer

La 2035 sert aussi de base au calcul de vos cotisations sociales : le bénéfice déclaré alimente l'URSSAF (et la Cipav pour les professions réglementées), avec la CSG dont une fraction est déductible. Un bénéfice mal déterminé se paie donc deux fois, en impôt et en cotisations. Notez enfin que la réforme de la facturation électronique s'applique aux libéraux comme aux autres : réception obligatoire via une plateforme agréée dès septembre 2026.

En contrepartie, toutes les dépenses professionnelles réelles se déduisent : loyer du cabinet, personnel, matériel amorti via le mécanisme d'amortissement, cotisations sociales obligatoires et facultatives (Madelin), frais de véhicule au réel ou au barème kilométrique, formation, assurances. C'est tout l'intérêt du régime pour un cabinet équipé.

La 2035 sans y passer vos soirées.
Les experts-comptables en ligne spécialisés libéraux gèrent livre-journal, 2035 et déclarations dès 49 € HT/mois. Comparez-les.
Comparer les experts-comptables

4. AGA et OGA : ce qui a changé

Pendant des décennies, adhérer à une association de gestion agréée (AGA) était un réflexe : les non-adhérents subissaient une majoration de leur bénéfice imposable (25 %, puis dégressive). Cette majoration a disparu depuis l'imposition des revenus 2023 : adhérer à une AGA n'apporte plus aucun avantage fiscal automatique.

Les AGA conservent un rôle de service : examen de cohérence de la 2035, prévention fiscale, formation, statistiques professionnelles. Certaines réductions annexes (réduction d'impôt pour frais de comptabilité des petits adhérents, sous conditions) subsistent. Mais l'adhésion est devenue un choix de confort, plus une nécessité : beaucoup de libéraux la remplacent par un expert-comptable en ligne qui sécurise la 2035 directement.

Obligations comptables d'un cabinet libéral au régime réel

5. TVA : exonérés, franchisés ou assujettis

  • Exonérés par nature : les professions de santé (médecins, kinés, infirmiers, sages-femmes) pour leurs actes de soins (article 261 du CGI), ainsi que la plupart des actes de formation sous attestation. Aucune TVA, quel que soit le chiffre d'affaires.
  • En franchise en base : les autres libéraux (consultants, architectes, avocats sous seuil spécifique) ne facturent pas de TVA tant que leurs recettes restent sous 37 500 €, avec la mention obligatoire de l'article 293 B. Le fonctionnement complet est dans notre guide facture sans TVA.
  • Assujettis : au-delà du seuil, TVA à 20 % sur les honoraires, déclarations CA3 ou CA12, et récupération de la TVA déductible sur les dépenses.

6. Combien coûte un expert-comptable pour un libéral

Situation Tarif mensuel constaté (HT)
Micro-BNC (accompagnement ponctuel)0 à 30 €
Déclaration contrôlée, cabinet individuel49 à 90 €
Déclaration contrôlée avec salarié ou forte activité90 à 150 €
SELARL / SELAS150 à 300 €

Les cabinets en ligne ont fait chuter les prix : la 2035 complète avec tenue du livre-journal démarre autour de 49 € HT/mois chez les acteurs spécialisés, contre 1 200 à 2 500 € par an en cabinet traditionnel. Notre comparatif des meilleurs experts-comptables pour professions libérales passe les offres en revue, et notre guide général combien coûte un expert-comptable situe toutes les fourchettes.

7. Questions fréquentes

Une profession libérale doit-elle tenir une comptabilité ?
Oui, mais allégée. En micro-BNC : un simple livre chronologique des recettes et la conservation des factures. En déclaration contrôlée : un livre-journal recettes-dépenses, un registre des immobilisations et amortissements, et la déclaration 2035 chaque année. Pas de bilan commercial à établir, sauf exercice en société (SELARL, SELAS).
Qu'est-ce que la comptabilité recettes-dépenses ?
La comptabilité de trésorerie propre aux BNC : les recettes s'enregistrent à l'encaissement, les dépenses au paiement. Une facture émise mais non payée n'apparaît nulle part. C'est plus simple que la comptabilité d'engagement des commerçants, qui rattache les opérations à leur date de facturation.
La déclaration 2035 est-elle obligatoire ?
Uniquement au régime de la déclaration contrôlée, c'est-à-dire au-delà de 77 700 € de recettes ou sur option. Le formulaire 2035 et ses annexes déterminent le bénéfice imposable : recettes encaissées, dépenses professionnelles détaillées, amortissements et plus-values. En micro-BNC, aucune 2035 : les recettes brutes se reportent directement sur la 2042-C-PRO.
Adhérer à une AGA sert-il encore à quelque chose ?
L'avantage fiscal historique a disparu : la majoration du bénéfice des non-adhérents est supprimée depuis l'imposition des revenus 2023. Les AGA gardent un rôle de services (contrôle de cohérence de la 2035, prévention, formation) et certains petits avantages subsistent sous conditions, mais l'adhésion n'est plus un réflexe obligatoire.
Un médecin ou un kiné paie-t-il la TVA ?
Non, les actes de soins des professions médicales et paramédicales réglementées sont exonérés de TVA par l'article 261 du CGI, sans condition de chiffre d'affaires. L'exonération ne couvre que les soins : des activités annexes (expertise, esthétique non thérapeutique, vente de produits) peuvent être taxables.
Combien coûte un expert-comptable pour une profession libérale ?
Comptez 49 à 90 € HT par mois chez un expert-comptable en ligne pour une déclaration contrôlée standard (tenue, 2035, déclarations fiscales), 90 à 150 € avec salarié ou activité soutenue, et 150 à 300 € pour une société d'exercice libéral. Les cabinets traditionnels facturent 1 200 à 2 500 € par an pour un dossier équivalent.

Sources

Article publié le 30 juillet 2026. Seuils (77 700 €, 37 500 €) et suppression de la majoration des non-adhérents d'AGA vérifiés à cette date.

Votre 2035 gérée pour moins de 100 €/mois ?
Comparez les experts-comptables en ligne spécialisés professions libérales : tenue, 2035, TVA. Gratuit, sans engagement.
Comparer les experts-comptables
LEC
Rédigé par la rédaction Les Experts Comptables · relu par un expert-comptable membre de l'Ordre
Méthodologie : textes en vigueur (CGI, LPF), tarifs publics des cabinets en ligne relevés en juillet 2026. Aucun classement sponsorisé. Notre comparateur