1. Pourquoi les libéraux sont à part (BNC)
Les revenus des professions libérales relèvent des bénéfices non commerciaux, pas des BIC des commerçants. Conséquence majeure : la comptabilité est dite de trésorerie (recettes-dépenses), et non d'engagement. Vous comptabilisez une recette quand le client vous paie, une dépense quand vous la réglez. Pas de factures clients en attente à rattacher, pas de stock, pas de factures non parvenues à provisionner.
Autre conséquence : pas de bilan ni de compte de résultat au format commercial. Le résultat BNC se détermine sur la déclaration 2035, un formulaire spécifique qui récapitule recettes encaissées, dépenses payées et amortissements. Les libéraux en société (SELARL, SELAS) basculent en revanche dans les règles des sociétés, comptabilité d'engagement comprise.
2. En micro-BNC : le strict minimum
C'est tout. Pas de livre des dépenses obligatoire (l'abattement forfaitaire de 34 % couvre vos frais), pas de 2035, pas de liasse. Le détail du régime, ses plafonds et l'arbitrage avec le réel sont dans notre guide du micro-BNC. Gardez néanmoins une trace de vos dépenses réelles : c'est elle qui vous dira un jour si la déclaration contrôlée devient plus intéressante.
3. En déclaration contrôlée : les vraies obligations
Au-delà de 77 700 € de recettes, ou sur option volontaire quand vos frais dépassent 34 %, vous passez au régime réel des BNC, dit déclaration contrôlée. Les obligations montent d'un cran :
| Obligation | Contenu |
|---|---|
| Livre-journal des recettes et dépenses | Enregistrement chronologique de tous les encaissements et paiements professionnels |
| Registre des immobilisations et amortissements | Matériel, véhicule, travaux : valeur d'origine, durée et annuités d'amortissement |
| Déclaration 2035 annuelle | Détermination du bénéfice : recettes, 40 lignes de dépenses, plus-values, amortissements |
| Report sur la 2042-C-PRO | Le bénéfice de la 2035 alimente la déclaration de revenus du foyer |
La 2035 sert aussi de base au calcul de vos cotisations sociales : le bénéfice déclaré alimente l'URSSAF (et la Cipav pour les professions réglementées), avec la CSG dont une fraction est déductible. Un bénéfice mal déterminé se paie donc deux fois, en impôt et en cotisations. Notez enfin que la réforme de la facturation électronique s'applique aux libéraux comme aux autres : réception obligatoire via une plateforme agréée dès septembre 2026.
En contrepartie, toutes les dépenses professionnelles réelles se déduisent : loyer du cabinet, personnel, matériel amorti via le mécanisme d'amortissement, cotisations sociales obligatoires et facultatives (Madelin), frais de véhicule au réel ou au barème kilométrique, formation, assurances. C'est tout l'intérêt du régime pour un cabinet équipé.
4. AGA et OGA : ce qui a changé
Pendant des décennies, adhérer à une association de gestion agréée (AGA) était un réflexe : les non-adhérents subissaient une majoration de leur bénéfice imposable (25 %, puis dégressive). Cette majoration a disparu depuis l'imposition des revenus 2023 : adhérer à une AGA n'apporte plus aucun avantage fiscal automatique.
Les AGA conservent un rôle de service : examen de cohérence de la 2035, prévention fiscale, formation, statistiques professionnelles. Certaines réductions annexes (réduction d'impôt pour frais de comptabilité des petits adhérents, sous conditions) subsistent. Mais l'adhésion est devenue un choix de confort, plus une nécessité : beaucoup de libéraux la remplacent par un expert-comptable en ligne qui sécurise la 2035 directement.
5. TVA : exonérés, franchisés ou assujettis
- Exonérés par nature : les professions de santé (médecins, kinés, infirmiers, sages-femmes) pour leurs actes de soins (article 261 du CGI), ainsi que la plupart des actes de formation sous attestation. Aucune TVA, quel que soit le chiffre d'affaires.
- En franchise en base : les autres libéraux (consultants, architectes, avocats sous seuil spécifique) ne facturent pas de TVA tant que leurs recettes restent sous 37 500 €, avec la mention obligatoire de l'article 293 B. Le fonctionnement complet est dans notre guide facture sans TVA.
- Assujettis : au-delà du seuil, TVA à 20 % sur les honoraires, déclarations CA3 ou CA12, et récupération de la TVA déductible sur les dépenses.
6. Combien coûte un expert-comptable pour un libéral
| Situation | Tarif mensuel constaté (HT) |
|---|---|
| Micro-BNC (accompagnement ponctuel) | 0 à 30 € |
| Déclaration contrôlée, cabinet individuel | 49 à 90 € |
| Déclaration contrôlée avec salarié ou forte activité | 90 à 150 € |
| SELARL / SELAS | 150 à 300 € |
Les cabinets en ligne ont fait chuter les prix : la 2035 complète avec tenue du livre-journal démarre autour de 49 € HT/mois chez les acteurs spécialisés, contre 1 200 à 2 500 € par an en cabinet traditionnel. Notre comparatif des meilleurs experts-comptables pour professions libérales passe les offres en revue, et notre guide général combien coûte un expert-comptable situe toutes les fourchettes.
7. Questions fréquentes
Sources
- CGI, article 102 ter (Légifrance) : micro-BNC : plafond et obligations
- CGI, article 261 (Légifrance) : exonérations de TVA des professions de santé
- impots.gouv.fr, déclaration 2035 : formulaire et notice du régime de la déclaration contrôlée
- service-public.fr, comptabilité d'une profession libérale : obligations comptables par régime
Article publié le 30 juillet 2026. Seuils (77 700 €, 37 500 €) et suppression de la majoration des non-adhérents d'AGA vérifiés à cette date.