Mandat de facturation
Contrat écrit par lequel une entreprise autorise un tiers (son client, son expert-comptable, une plateforme) à émettre ses factures en son nom et pour son compte. Le mandat délègue la tâche matérielle, jamais la responsabilité fiscale, qui reste entièrement sur le mandant.
Sommaire
Définition détaillée
Le mandat de facturation est l'acte qui autorise quelqu'un d'autre à facturer à votre place. Il repose sur le mandat du code civil, adapté aux exigences fiscales : l'écrit et l'antériorité ne sont pas des précautions, ce sont des conditions de validité.
Le mandant reste l'émetteur juridique des factures. C'est son nom, son adresse et son numéro de TVA intracommunautaire qui figurent sur les documents. Le mandataire n'est qu'une main qui rédige.
Qui peut être mandataire
- Le client lui-même, c'est le cas de l'autofacturation : une centrale d'achat, une coopérative, une place de marché.
- L'expert-comptable, quand le cabinet prend en charge l'émission des factures en plus de la tenue. La lettre de mission ne suffit pas, il faut un mandat distinct.
- Un prestataire de facturation ou une plateforme, qui produit les factures à partir des données transmises par le mandant.
- Une société du même groupe, dans le cadre d'une centralisation administrative entre une holding et ses filiales.
Le mandataire peut être établi hors de France, à condition que la France ait un dispositif d'assistance mutuelle avec son pays d'établissement.
Ce que le mandat doit prévoir
- L'identification des parties : raison sociale, adresse, SIREN et numéro de TVA intracommunautaire du mandant comme du mandataire.
- L'étendue de la mission : quelles opérations, quels clients, quelles séries de factures. Un mandat trop vague est difficile à opposer.
- Le délai de contestation laissé au mandant pour refuser une facture émise en son nom. C'est une condition de validité en autofacturation.
- La numérotation : qui attribue les numéros et selon quelle séquence, pour éviter les doublons avec les factures émises directement par le mandant.
- La conservation des factures et la restitution des données en fin de contrat.
- La durée et les conditions de résiliation, avec le sort des factures en cours.
Le partage des responsabilités
Devant l'administration, il n'y a pas de partage. Le mandant est seul redevable de la TVA mentionnée sur les factures émises en son nom, seul responsable des mentions obligatoires manquantes et seul destinataire d'un éventuel rappel.
Le partage n'existe qu'entre les parties, par le contrat. Une clause prévoyant que le mandataire supporte le coût des erreurs qui lui sont imputables est utile, mais elle joue après coup : le mandant paie, puis se retourne.
C'est pourquoi un mandat sérieux prévoit un contrôle. Recevoir chaque mois le récapitulatif des factures émises en son nom, et vérifier au minimum les taux de TVA appliqués, coûte peu de temps au regard du risque.
Le mandat dans une plateforme agréée
Avec la facture électronique, le mandat cesse d'être un simple papier au dossier : il devient un paramétrage. La plateforme agréée doit savoir que le compte A est autorisé à déposer des factures sous l'identité de l'entreprise B.
Deux incidents reviennent quand ce paramétrage manque. La facture est rejetée, parce que l'émetteur déclaré ne correspond pas au titulaire du compte. Ou elle passe, mais les données remontent sous le mauvais SIREN, ce qui fausse le e-reporting des deux entreprises et crée un écart de TVA à expliquer.
Vérifiez donc deux choses avant l'échéance : que votre plateforme gère les mandats, et que chaque mandat existant y est déclaré. Toutes ne le font pas au même niveau de finesse.
Vérifiez que votre plateforme sait gérer les mandats de facturation.
Comparer les plateformes de facturation électroniqueQuestions fréquentes
Le mandat de facturation doit-il être écrit ?
Oui, et il doit être conclu avant l'émission de la première facture. Un accord verbal ou une pratique tolérée depuis des années ne suffisent pas : en contrôle, l'administration demande le document. Son absence rend les factures irrégulières, ce qui remet en cause la déduction de TVA chez le client et expose le fournisseur à un rappel.
Que doit contenir un mandat de facturation ?
L'identification complète du mandant et du mandataire, l'étendue exacte de la mission (quelles opérations, quels clients), la durée et les conditions de résiliation, le délai laissé au mandant pour contester une facture émise en son nom, et les modalités de conservation des documents. Une clause de responsabilité en cas d'erreur du mandataire est vivement conseillée, même si elle ne joue qu'entre les parties.
Le mandataire devient-il responsable de la TVA ?
Non. Le mandant reste le seul redevable devant l'administration de la TVA figurant sur les factures émises en son nom. Si le mandataire applique un mauvais taux ou omet une mention obligatoire, c'est le mandant qui reçoit le rappel. Il ne peut se retourner contre son mandataire que sur le terrain contractuel, après avoir payé.
Faut-il un mandat pour que mon expert-comptable facture à ma place ?
Oui, dès lors qu'il émet les factures en votre nom. La lettre de mission couvre la tenue comptable, pas l'émission de factures pour votre compte : il faut un mandat spécifique. La plupart des cabinets le prévoient dans une annexe. Avec la facturation électronique, ce mandat doit en plus être paramétré dans la plateforme agréée utilisée.
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