Facturation électronique : le premier bilan chiffré de la réforme

La réception des factures électroniques est obligatoire depuis le 1er septembre 2026. Deux semaines plus tard, le gouvernement et l'Ordre des experts-comptables ont mis leurs chiffres sur la table. Ils disent deux choses à la fois : la réforme démarre mieux que prévu, et plus d'un million d'entreprises n'ont toujours pas fait le minimum. Voici l'état réel du chantier, ce que ça implique si vous n'avez encore rien fait, et le calendrier qui vous attend.

Premier bilan chiffré de la réforme de la facturation électronique en septembre 2026
Sommaire
70 %
des entreprises ont désigné leur plateforme
5 millions
de factures échangées en 15 jours
15 Md€
de montants facturés en électronique
~150
plateformes immatriculées provisoirement
90 000
entreprises ont déjà émis
0 sanction
jusqu'au 31 décembre 2026
Au 16 septembre 2026, 70 % des quelque 4 millions d'entreprises assujetties à la TVA avaient désigné leur plateforme de réception, et 5 millions de factures électroniques avaient circulé depuis le 1er septembre pour plus de 15 milliards d'euros. Le ministre David Amiel parle d'un résultat « au-delà de nos attentes ». Reste qu'environ 1,2 million d'entreprises n'ont rien déclaré, et qu'aucune sanction ne les frappera avant le 31 décembre 2026 si elles sont de bonne foi.
ÊTES-VOUS DANS LES 30 % ?
Avez-vous reçu une confirmation d'inscription à l'annuaire ? Une facture fournisseur est-elle arrivée dans votre espace de réception depuis le 1er septembre ? Avez-vous signé le mandat de délégation avec votre cabinet ? Si vous répondez non à l'une de ces trois questions, allez directement au test en 5 points.

1. Les chiffres officiels du 16 septembre 2026

C'est à la plénière d'ouverture du 81e congrès de l'Ordre des experts-comptables, le 16 septembre à Paris Porte de Versailles, que David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a livré le premier bilan complet de la réforme. Jusque-là, personne ne disposait de volumétrie consolidée : on avait des retours de cabinets, des chiffres d'éditeurs, rien d'agrégé côté administration.

Indicateur Valeur au 16 septembre 2026 Ce que ça dit
Entreprises ayant désigné une plateforme de réception 70 % de ~4 millions d'assujettis Environ 1,2 million d'entreprises encore hors du dispositif
Factures électroniques échangées depuis le 1er septembre 5 millions Environ 420 000 par jour ouvré (12 jours ouvrés du 1er au 16 septembre)
Montant total facturé Plus de 15 milliards d'euros Panier moyen autour de 3 000 € par facture
Plateformes agréées disponibles Près de 150 L'offre n'est plus le goulot d'étranglement
Entreprises ayant émis au moins une facture Plus de 90 000 Dont 95 % sans y être obligées

Une précision sur le dénominateur, parce qu'elle fait basculer beaucoup de lecteurs du mauvais côté : ces quelque 4 millions d'assujettis incluent les entreprises en franchise en base de TVA. Ne pas être redevable de la TVA ne dispense pas de recevoir des factures électroniques. Un micro-entrepreneur en franchise est dans le compte, et il est concerné depuis le 1er septembre.

Le chiffre le plus intéressant est le dernier. Sur les 90 000 entreprises qui ont déjà émis une facture électronique, 95 % n'y étaient pas tenues : l'obligation d'émettre ne pèse pour l'instant que sur les grandes entreprises et les ETI. Plus de 85 000 TPE et PME ont donc pris de l'avance sur une échéance fixée au 1er septembre 2027. C'est ce qui a permis au ministre de dire que la réforme atteignait en deux semaines des niveaux qu'il anticipait « plutôt fin octobre ».

À RETENIR
Le taux de 70 % porte sur la désignation d'une plateforme de réception, pas sur la capacité réelle à traiter une facture entrante. Désigner une plateforme dans l'annuaire et avoir un compte activé qui route correctement les factures sont deux choses différentes.

2. Ce que mesurent les experts-comptables de leur côté

Le 3 septembre, le Conseil national de l'Ordre des experts-comptables a publié une enquête flash menée auprès de 3 083 experts-comptables, soit environ 10 % de la profession. Elle regarde le sujet par l'autre bout : non pas ce que l'administration voit passer, mais ce que les cabinets constatent chez leurs clients.

Population Opérationnels au 31 août 2026 Projection au 30 septembre 2026
Clients en tenue comptable 73 % 85 %
Clients en révision 74 % 84 %

Ces taux collent assez bien aux 70 % annoncés par le ministre, ce qui est plutôt rassurant sur la fiabilité des deux mesures. L'enquête montre surtout que les cabinets, eux, sont prêts :

  • 98 % des cabinets ont choisi leur propre plateforme agréée
  • 95 % ont déployé la solution en interne
  • 92 % ont fait signer le mandat de délégation à leurs clients
  • 83 % ont choisi les plateformes de leurs clients

Autrement dit, l'écart entre 98 % de cabinets équipés et 73 % de clients opérationnels n'est pas un problème d'outil. C'est un problème de dernier kilomètre : la signature, l'activation, la validation côté entreprise. L'enquête le confirme en creux, puisque 32 % des TPE et PME citent le manque d'information comme leur principal frein, loin devant le coût ou la technique. Si vous en êtes là, notre guide de la facturation électronique reprend le mécanisme de zéro.

⚠ ATTENTION
Le mandat de délégation n'est pas une formalité : sans lui, votre expert-comptable ne peut pas agir sur votre compte plateforme, donc ni déclarer votre plateforme dans l'annuaire, ni corriger une facture rejetée à votre place. Si vous ne l'avez pas signé, c'est la première chose à faire cette semaine.

3. La courbe d'inscription à l'annuaire, semaine par semaine

Le 2 septembre, aux Universités d'été de l'Ordre Paris Île-de-France, Sébastien Rabineau, directeur du projet facturation électronique à la DGFiP, a montré la progression des inscriptions à l'annuaire central sur les semaines précédant l'échéance. C'est la seule série temporelle publique dont on dispose.

Inscriptions à l'annuaire, du 16 août au 16 septembre 2026

Lecture : chaque point marque une position sur un axe tronqué de 50 à 75 %, pas une longueur. Ligne en gras, l'entrée en vigueur de l'obligation de réception. Point creux, la mesure du ministère au 16 septembre, dont le périmètre diffère légèrement des relevés DGFiP qui précèdent. Les mentions « +7 j », « +2 j », « +15 j » rappellent l'écart entre deux relevés : les paliers ne sont pas réguliers.

Le détail chiffré, semaine par semaine :

Date Entreprises inscrites à l'annuaire Progression depuis la ligne précédente
16 août 2026 55 % Référence
23 août 2026 58 % +3 points
30 août 2026 63 % +5 points
1er septembre 2026 66 % +3 points en 2 jours
16 septembre 2026 70 % +4 points en 15 jours

Attention à la nature des mesures : les valeurs jusqu'au 1er septembre comptent les inscriptions à l'annuaire (DGFiP, présentées le 2 septembre), celle du 16 septembre compte les entreprises ayant désigné une plateforme (ministère). Les deux indicateurs sont proches sans être identiques, la dernière progression est donc à lire comme un ordre de grandeur.

La lecture est nette : la courbe s'est emballée dans les derniers jours d'août, puis s'est aplatie après l'échéance. Le pic de mobilisation était clairement lié à la date butoir. Les 30 % restants ne sont pas des retardataires sur le point de basculer, ce sont pour beaucoup des entreprises qui n'ont pas encore compris qu'elles étaient concernées, ou qui pensent l'être seulement en 2027 parce qu'elles confondent réception et émission.

Sébastien Rabineau a aussi calmé le jeu sur un point qui inquiétait beaucoup de dirigeants : l'e-reporting ne concerne immédiatement que 11 000 entreprises. La transmission des données de transaction aux ventes vers les particuliers ou vers l'étranger n'est pas le sujet de la rentrée pour l'immense majorité des TPE. Si vous facturez des particuliers, notre page sur la facturation électronique sans TVA détaille ce qui vous concerne réellement.

Pas encore de plateforme de réception ?
Comparez les experts-comptables inscrits à l'Ordre qui prennent en charge votre raccordement et vos flux. Gratuit, sans engagement, 2 minutes.
Comparer les experts-comptables

4. Environ 150 plateformes immatriculées, zéro agrément définitif

État des plateformes agréées de facturation électronique en septembre 2026

C'est le point le plus mal compris de toute la réforme. Quand le ministre parle de « près de 150 plateformes agréées », il désigne des plateformes immatriculées à titre provisoire. Le décompte ci-dessous est l'état du registre au 14 septembre 2026, cohérent avec le chiffre annoncé par le ministre deux jours plus tard.

Statut Nombre Ce que ça autorise
Candidates au registre environ 165 Dossier déposé, instruction en cours
Immatriculées à titre provisoire environ 150 Peuvent opérer et vous raccorder dès aujourd'hui
Encore en tests d'interopérabilité 16 Dossier instruit, immatriculation pas encore prononcée
Agrément définitif 0 Aucune plateforme n'a encore franchi la dernière étape

L'immatriculation provisoire repose sur le dossier déclaratif de la plateforme : elle s'engage sur le respect du cahier des charges, et l'administration l'autorise à opérer. L'agrément définitif vient après, une fois l'ensemble des tests techniques validés de bout en bout. Personne ne l'a encore obtenu à ce stade. Les 16 plateformes restantes, elles, ne sont pas encore immatriculées du tout : elles terminent leurs tests d'interopérabilité avant de pouvoir opérer.

Concrètement, deux conséquences pour vous. D'abord, une plateforme immatriculée provisoirement est parfaitement utilisable, vous n'avez aucune raison d'attendre. Ensuite, sur cette grosse centaine et demie d'acteurs, tous n'iront pas au bout : le marché va se consolider, et changer de prestataire est un droit garanti par le cahier des charges. Notre guide sur comment changer de plateforme agréée détaille la procédure de réversibilité. Pour choisir, voyez la liste des plateformes agréées, le coût réel d'une plateforme et les offres gratuites disponibles.

⚠ ATTENTION
Méfiez-vous des démarchages par téléphone ou e-mail qui jouent sur l'urgence et la peur de l'amende. Une plateforme qui vous appelle en promettant « la seule solution agréée » raconte n'importe quoi : il y en a environ 150. Vérifiez toujours l'immatriculation sur la page facturation électronique d'impots.gouv.fr, qui donne accès au registre officiel, avant de signer.

5. Les trois frictions constatées au bout de quinze jours

Le bilan à quinze jours ne fait état d'aucune entreprise à l'arrêt. Pas de blocage massif, pas de plateforme tombée, pas de flux de facturation interrompu. Trois frictions reviennent en revanche systématiquement dans les retours de terrain, et elles ont toutes le même effet : la facture existe, mais elle n'arrive pas, donc elle n'est pas payée.

Symptôme Cause Correction
La facture est rejetée par la plateforme Données obligatoires manquantes ou format non conforme au socle Compléter les mentions, réémettre au bon format
La facture part mais le client ne la reçoit jamais Erreur d'adressage : la plateforme désignée dans l'annuaire n'est pas la bonne Vérifier et corriger l'inscription annuaire du destinataire
Rien n'arrive dans votre espace Compte créé chez une plateforme mais activation jamais finalisée Terminer l'activation, valider le SIREN, tester un flux entrant

Le troisième cas est le plus sournois, parce qu'il ne produit aucune alerte. Vous avez créé un compte en août, vous vous croyez conforme, et vous ne voyez rien arriver. Sauf que le silence peut aussi bien signifier « aucun fournisseur ne m'a encore facturé en électronique » que « mon compte ne reçoit rien ». La seule façon de trancher est de tester un flux entrant réel.

Le détail de chaque motif de rejet et la marche à suivre pour débloquer une facture sont dans notre article dédié : facture électronique rejetée ou non reçue. Et pour les données qui doivent figurer sur le document, voyez les mentions obligatoires d'une facture, notamment les quatre nouvelles mentions imposées par la réforme.

À RETENIR
Une facture rejetée n'est pas une facture perdue, mais c'est une facture non payée. Posons l'ordre de grandeur, hypothèses comprises : une TPE qui émet 30 factures par mois à 1 500 € de panier moyen, avec 10 % de factures rejetées ou mal adressées, soit 3 factures, et deux semaines de décalage à chaque correction. Cela fait 4 500 € d'encaissement repoussé d'un demi-mois, plus un temps administratif que personne n'a budgété. Le taux de 10 % est une hypothèse de travail, pas une donnée officielle : aucun taux de rejet n'a été publié à ce jour. C'est là qu'est le vrai coût de la non-conformité en 2026, bien avant l'amende.

6. Suis-je en retard ? Le test en 5 points

Si vous faites partie des 30 % qui n'ont rien déclaré, la remise à niveau prend une à deux heures, pas un trimestre. Le test qui suit couvre l'intégralité de vos obligations de réception au 17 septembre 2026.

Votre conformité en 5 vérifications :
J'ai choisi une plateforme agréée et créé mon compte
Mon SIREN est bien renseigné et l'inscription à l'annuaire est validée
J'ai reçu et vérifié au moins une facture entrante réelle
J'ai signé le mandat de délégation si mon expert-comptable gère mes flux
Je sais où retrouver mes factures reçues et qui les traite dans l'entreprise

Si une seule case reste vide, voici l'ordre dans lequel régler la situation.

1
Choisir une plateforme agréée
Beaucoup d'offres de réception seule sont gratuites. Si votre expert-comptable en propose une, prenez la sienne : les flux remontent directement dans votre comptabilité.
2
Créer le compte et déclarer votre SIREN
C'est cette déclaration qui vous inscrit dans l'annuaire central et qui indique à vos fournisseurs où livrer leurs factures.
3
Signer le mandat de délégation
Il autorise votre cabinet à agir sur votre compte, corriger une erreur d'adressage et récupérer les factures à votre place.
4
Tester un flux entrant
Demandez à un fournisseur déjà en électronique de vous envoyer une facture, ou utilisez le test proposé par votre plateforme. Tant qu'aucune facture n'est arrivée, rien n'est prouvé.
5
Désigner un responsable interne
Qui consulte l'espace de réception, à quelle fréquence, et qui rapproche les factures reçues des règlements. Sans ce point, les factures s'empilent sans être traitées.

Les micro-entrepreneurs sont concernés au même titre, y compris en franchise en base de TVA : notre guide facturation électronique pour l'auto-entrepreneur reprend le cas de A à Z. Et si le vocabulaire vous perd encore, la page PDP, PPF et OD : quelles différences remet chaque acteur à sa place.

7. Aucune sanction jusqu'au 31 décembre 2026 : ce que ça couvre

David Amiel l'a confirmé le 16 septembre : aucune sanction ne sera appliquée aux entreprises de bonne foi jusqu'au 31 décembre 2026. C'est une bonne nouvelle, à condition de comprendre ce qu'elle recouvre et ce qu'elle ne recouvre pas.

Ce que la tolérance couvre Ce qu'elle ne couvre pas
Les pénalités pour défaut de plateforme de réception L'obligation elle-même, qui reste en vigueur depuis le 1er septembre
Les amendes pour facture non conforme émise de bonne foi Les manquements délibérés ou répétés après information
Les erreurs de format et d'adressage en phase de démarrage Les conséquences commerciales : factures non reçues, donc non payées
Les retards d'activation liés aux plateformes Les règles de TVA, de délais de paiement et de conservation

La notion de bonne foi n'est pas une case à cocher. Une entreprise qui a ouvert un compte, engagé la démarche et rencontre des difficultés techniques est de bonne foi. Une entreprise qui n'a rien fait et ne fera rien avant janvier ne l'est pas de la même façon. Le barème complet des pénalités applicables une fois la période de tolérance terminée est détaillé dans notre page sanctions et amendes de la facturation électronique.

⚠ ATTENTION
Le vrai risque en 2026 n'est pas fiscal, il est commercial. Un fournisseur qui ne peut pas vous livrer sa facture vous relance, puis facture des pénalités de retard, puis suspend la livraison. Aucune tolérance administrative ne vous protège de ça.

8. Ce qui vous attend : 1er janvier et 1er septembre 2027

Deux échéances structurent les douze prochains mois. La première est la moins commentée, et c'est pourtant celle que la DGFiP présente comme le vrai basculement pour les petites entreprises.

Date Ce qui change Qui est concerné
1er septembre 2026 Réception obligatoire des factures électroniques Toutes les entreprises assujetties à la TVA
1er septembre 2026 Émission obligatoire Grandes entreprises et ETI
31 décembre 2026 Fin de la tolérance sur les sanctions Toutes les entreprises
1er janvier 2027 Fin du régime simplifié de TVA Les entreprises au réel simplifié
1er septembre 2027 Émission obligatoire TPE, PME et micro-entreprises

La fin du régime simplifié de TVA au 1er janvier 2027 fera passer des entreprises qui déclaraient une fois par an à un rythme mensuel ou trimestriel. L'effet est très concret : la comptabilité ne peut plus être rattrapée en fin d'exercice, elle doit être tenue au fil de l'eau. Pour beaucoup de TPE qui fonctionnaient encore avec une boîte à chaussures, c'est un changement d'organisation plus lourd que la facturation électronique elle-même.

L'émission obligatoire au 1er septembre 2027 est l'échéance qu'il faut préparer maintenant, pas en juillet 2027. Les 85 000 entreprises qui émettent déjà volontairement ont raison sur un point : émettre en électronique révèle les données manquantes de votre base client, et corriger une base client prend des mois. Le format hybride retenu par la plupart des TPE est détaillé dans notre page Factur-X, et le fonctionnement complet d'une plateforme dans plateforme agréée : comment ça marche.

À RETENIR
Le 81e congrès de l'Ordre s'est tenu du 16 au 18 septembre 2026 à Paris Porte de Versailles, sur le thème de la refondation des cabinets. Facturation électronique et intelligence artificielle en ont été les deux fils rouges, ce qui donne une idée assez juste de ce sur quoi la profession travaillera en 2027.

9. Questions fréquentes

Suis-je en retard si je n'ai pas encore désigné ma plateforme de réception ?
Vous êtes en retard sur l'obligation, mais pas isolé : au 16 septembre 2026, 70 % des quelque 4 millions d'entreprises assujetties à la TVA avaient désigné leur plateforme, ce qui laisse environ 1,2 million d'entreprises sans plateforme déclarée. La régularisation prend une à deux heures : choisir une plateforme agréée, créer le compte, renseigner le SIREN et valider l'inscription dans l'annuaire. Tant que ce n'est pas fait, vos fournisseurs qui émettent déjà en électronique ne peuvent pas vous livrer leurs factures.
Y a-t-il des sanctions en cas de retard en 2026 ?
Non pour les entreprises de bonne foi. David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a confirmé le 16 septembre 2026 au congrès de l'Ordre des experts-comptables qu'aucune sanction ne serait appliquée jusqu'au 31 décembre 2026 aux entreprises de bonne foi. Cette tolérance porte sur les pénalités, pas sur l'obligation elle-même : une facture que vous ne pouvez pas recevoir reste une facture que vous ne pouvez pas payer ni déduire en TVA.
Que veut dire « immatriculée à titre provisoire » pour une plateforme ?
Début septembre 2026, la DGFiP recensait environ 150 plmatriculées à titre provisoire et 16 encore en tests d'interopérabilité, donc pas encore immatriculées. Aucune n'avait reçu d'agrément définitif. L'immatriculation provisoire autorise une plateforme à opérer sur la base de son dossier déclaratif. L'agrément définitif n'arrive qu'après validation complète des tests techniques. Une plateforme immatriculée à titre provisoire est parfaitement utilisable aujourd'hui, mais aucune n'a encore franchi la dernière étape.
Combien d'entreprises ont déjà émis une facture électronique ?
Plus de 90 000 entreprises avaient émis au moins une facture électronique au 16 septembre 2026, et 95 % d'entre elles n'y étaient pas encore obligées. Au total, 5 millions de factures électroniques ont circulé depuis le 1er septembre, pour plus de 15 milliards d'euros. Le ministre a jugé le résultat « au-delà de nos attentes » : il anticipait ces niveaux plutôt fin octobre.
Dois-je émettre mes factures au format électronique dès maintenant ?
Si vous êtes une TPE, une PME ou une micro-entreprise, non : votre obligation d'émission démarre le 1er septembre 2027. Depuis le 1er septembre 2026, seules les grandes entreprises et les ETI doivent émettre. Vous, vous devez seulement être en capacité de recevoir. Émettre en avance reste possible et c'est ce qu'ont choisi plus de 85 000 entreprises non obligées, souvent pour tester les flux avant l'échéance.
Pourquoi une facture électronique peut-elle être rejetée ?
Trois causes reviennent dans le bilan des quinze premiers jours : des données obligatoires manquantes ou un format non conforme au socle Factur-X, UBL ou CII ; une erreur d'adressage, c'est-à-dire une facture envoyée vers une plateforme qui n'est plus celle du destinataire dans l'annuaire ; un compte créé chez une plateforme mais dont l'activation n'a jamais été finalisée. Aucune de ces trois causes n'a mis d'entreprise à l'arrêt, mais chacune décale le paiement.
Que se passe-t-il au 1er janvier 2027 ?
La fin du régime simplifié de TVA. Sébastien Rabineau, directeur du projet à la DGFiP, a désigné cette date comme le vrai basculement pour les petites entreprises, davantage que le 1er septembre 2026. Les entreprises qui déclaraient leur TVA une fois par an passeront à un rythme mensuel ou trimestriel, avec une charge déclarative et un besoin de tenue comptable régulière très supérieurs.

Sources

Article publié le 17 septembre 2026. Les chiffres cités sont ceux communiqués entre le 2 et le 17 septembre 2026. Les taux de rejet par format et les taux d'émission par taille d'entreprise qui circulent sur certains sites comparatifs n'ont pas été retrouvés dans une source officielle : ils ne sont pas repris ici.

Faites vérifier votre conformité par un expert-comptable.
Raccordement, mandat de délégation, premiers flux : comparez les cabinets inscrits à l'Ordre qui s'en chargent. Gratuit, sans engagement, 2 minutes.
Comparer les experts-comptables
LEC
Rédigé par la rédaction Les Experts Comptables · relu par un expert-comptable membre de l'Ordre
Méthodologie : chiffres communiqués par le ministère de l'Action et des Comptes publics le 16 septembre 2026, enquête flash du Conseil national de l'Ordre du 3 septembre 2026 (3 083 répondants) et données DGFiP présentées le 2 septembre 2026. Aucune donnée non sourcée n'a été reprise. Aucun classement sponsorisé. Notre comparateur