Micro-BNC ou déclaration contrôlée : quand et comment passer au réel

Vous êtes psychologue, kinésithérapeute, infirmier, ostéopathe ou consultant en micro-BNC, et vous vous demandez si l'abattement de 34 % vous coûte de l'argent. La réponse tient en un calcul que la plupart des guides font mal, parce qu'ils oublient les cotisations sociales. Ce guide refait le calcul sur trois profils réels, explique comment et quand opter, puis ce que le réel change dans votre quotidien et dans votre budget.

Balance qui compare deux piles de documents, symbole du choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée
Sommaire
83 600 €
plafond de recettes du micro-BNC en 2026
34 %
abattement forfaitaire, 305 € minimum
13 à 15 %
de frais hors cotisations : seuil où le réel passe devant dans nos simulations
1 an
durée de l'option, reconduite tacitement
Passez à la déclaration contrôlée quand vos frais réels plus vos cotisations sociales obligatoires dépassent 34 % de vos recettes. Comme les cotisations déductibles pèsent déjà autour de 20 % des recettes d'un libéral aux frais modestes, le réel devient rentable dès 13 à 15 % de frais hors cotisations dans nos simulations 2026. L'option se prend au plus tard à l'échéance de la déclaration de l'année précédente, vaut un an et se reconduit seule.

1. Micro-BNC et déclaration contrôlée : ce qui change

Les deux régimes imposent la même catégorie de revenus, les bénéfices non commerciaux, mais pas avec la même mécanique. Le micro-BNC, prévu par l'article 102 ter du CGI, part de vos recettes et retranche un abattement forfaitaire de 34 % (305 € minimum). La déclaration contrôlée, c'est-à-dire le régime réel des BNC (articles 93, 96 et 97 du CGI), part de vos recettes et retranche vos dépenses exactes, justificatifs à l'appui.

Le micro-BNC s'applique de plein droit tant que vos recettes de l'année précédente ou de l'avant-dernière année ne dépassent pas 83 600 € HT en 2026 (seuil revalorisé au 1er janvier 2026, contre 77 700 € auparavant, voir notre point sur le plafond de la micro-entreprise). En dessous, la déclaration contrôlée est une option. Au-dessus pendant deux ans, elle devient obligatoire.

Critère Micro-BNC Déclaration contrôlée
Base imposable 66 % des recettes encaissées Recettes encaissées moins dépenses payées, amortissements et cotisations obligatoires
Cotisations sociales Micro-entrepreneur : pourcentage du chiffre d'affaires. Praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés : sur 66 % des recettes Sur le bénéfice réel
Déclaration fiscale Recettes brutes reportées sur la 2042-C-PRO Déclaration 2035 télétransmise, puis report sur la 2042-C-PRO
Comptabilité Livre des recettes, conservation des factures Livre-journal des recettes et dépenses, registre des immobilisations (article 99 du CGI)
Déficit Impossible : l'abattement s'applique même à perte Un déficit professionnel s'impute sur le revenu global du foyer
Contrats Madelin Non déductibles Déductibles du bénéfice dans les limites de l'article 154 bis du CGI
Versement libératoire Possible pour un micro-entrepreneur (2,2 % des recettes), sous condition de revenu Impossible
Coût de gestion Quasi nul De 0 € (seul) à environ 300-1 000 € TTC par an selon le logiciel ou le cabinet
?
Déclaration contrôlée : définition
Régime réel d'imposition des bénéfices non commerciaux. Le bénéfice est calculé en comptabilité de trésorerie : recettes réellement encaissées moins dépenses professionnelles réellement payées dans l'année civile, plus ou moins les amortissements. Il est déclaré chaque printemps sur le formulaire 2035.

2. Le calcul qui décide : le vrai seuil de 34 %

La règle qui circule partout dit : si vos charges dépassent 34 % de vos recettes, passez au réel. Elle est juste sur le principe et fausse dans son application, parce qu'elle oublie ce que couvre exactement l'abattement.

En micro-BNC, les 34 % sont réputés couvrir toutes vos charges, y compris vos cotisations sociales obligatoires. Au réel, ces cotisations (maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, part déductible de la CSG) se déduisent du bénéfice comme une dépense. La comparaison honnête est donc :

LA FORMULE
Le réel gagne sur l'impôt quand frais réels + cotisations sociales déductibles > 34 % des recettes. Quand vos frais sont modestes, les cotisations déductibles représentent déjà autour de 20 % des recettes (nos simulations entre 45 000 et 65 000 €) : il ne reste qu'une quinzaine de points à combler avec vos vrais frais.

Côté social, le raisonnement est le même pour les praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (infirmiers, kinés, médecins, sages-femmes) : en micro-BNC, leurs cotisations sont calculées sur 66 % des recettes, quel que soit leur niveau réel de frais. Pour un micro-entrepreneur relevant de la Cipav (psychologue, ostéopathe, ergothérapeute...), elles sont proportionnelles au chiffre d'affaires : 23,2 % plus 0,2 % de contribution à la formation professionnelle en 2026, et 25,6 % pour une activité libérale non réglementée relevant de la Sécurité sociale des indépendants.

Nous avons fait tourner le simulateur officiel de l'Urssaf (mon-entreprise.urssaf.fr) pour deux profils, en faisant varier les frais hors cotisations. Lecture : écart de revenu disponible après cotisations et impôt, réel moins micro. Un chiffre positif signifie que le réel rapporte plus.

Frais hors cotisations (en % des recettes) Psychologue micro-entrepreneur, 45 000 € de recettes Auxiliaire médical conventionné, 65 000 € de recettes
6 %- 1 748 €- 2 354 €
12 %- 363 €- 487 €
15 %+ 222 €+ 446 €
21 %+ 1 422 €+ 2 313 €
30 %+ 3 190 €+ 5 111 €
39 %+ 4 913 €+ 7 909 €

Hypothèses : année 2026, célibataire sans enfant (une part), aucun autre revenu, activité installée depuis plusieurs années (pas de cotisations de début d'activité), sans ACRE, sans versement libératoire ni contrat Madelin. Coût de la comptabilité au réel non inclus dans ce tableau : il l'est dans les exemples ci-dessous. Le point de bascule se situe donc entre 12 et 15 % de frais hors cotisations pour ces deux profils.

⚠ CE QUE LE TABLEAU NE DIT PAS
Des cotisations plus faibles au réel, c'est aussi moins de droits à la retraite et, selon les régimes, des indemnités journalières calculées sur un revenu plus bas. Le gain affiché est un gain de trésorerie immédiat, pas un gain patrimonial pur. Pour une décision engageante, faites refaire la simulation avec votre situation de foyer exacte.

3. Trois exemples chiffrés : psychologue, kiné, infirmier

Mêmes hypothèses que plus haut (2026, célibataire, une part, aucun autre revenu). Au réel, nous ajoutons aux frais un logiciel comptable à 22 € HT par mois, soit 317 € TTC par an : ces trois professionnels de santé ne facturent pas de TVA et ne la récupèrent donc pas. Cotisations et impôt sont issus du simulateur de l'Urssaf, arrondis à l'euro.

Psychologue en cabinet partagé : le micro reste gagnant

Camille, psychologue micro-entrepreneure rattachée à la Cipav, encaisse 45 000 € par an. Ses frais sont légers : 1 200 € de sous-location de bureau à l'heure, 900 € de supervision, 600 € d'assurance et d'agenda en ligne, 300 € de formation. Total : 3 000 €, soit 6,7 % des recettes.

Psychologue, 45 000 € de recettesMicro-BNCDéclaration contrôlée
Frais réels payés3 000 €3 317 € (dont logiciel)
Cotisations et contributions sociales10 530 € (23,4 % du CA)11 468 €
Revenu imposable29 700 € (66 % de 45 000)31 343 €
Impôt sur le revenu2 014 €2 507 €
Reste disponible29 456 €27 708 €

Frais plus cotisations déductibles au réel : 45 000 - 31 343 = 13 657 €, soit 30,3 % des recettes. On reste sous les 34 % : le micro rapporte 1 748 € de plus par an. Avec le versement libératoire (2,2 % des recettes, soit 990 € au lieu de 2 014 € d'impôt, si son revenu fiscal de référence le permet), l'écart se creuse encore. Notre page expert-comptable pour psychologue détaille les autres spécificités du métier.

Kinésithérapeute avec cabinet et matériel : le réel s'impose

Hugo, masseur-kinésithérapeute conventionné, encaisse 75 000 €. Comme tout auxiliaire médical conventionné, il ne peut pas être micro-entrepreneur : en micro-BNC, ses cotisations sont calculées sur 66 % de ses recettes. Ses frais atteignent 30 000 € (40 %) : 12 000 € de loyer et charges du cabinet, 4 000 € d'amortissement du matériel (tables, appareils d'électrothérapie), 3 000 € de frais de véhicule, 2 400 € de secrétariat, 2 000 € de linge et consommables, 1 500 € d'assurances et cotisation ordinale, 1 500 € de logiciel métier et téléphone, 1 500 € de formation, 2 100 € de frais divers.

Kinésithérapeute, 75 000 € de recettesMicro-BNCDéclaration contrôlée
Frais réels payés30 000 €30 317 € (dont logiciel)
Cotisations et contributions sociales16 718 € (assiette : 49 500 €)12 005 €
Revenu imposable49 500 €33 887 €
Impôt sur le revenu7 954 €3 270 €
Reste disponible20 328 €29 408 €

En micro, Hugo paie cotisations et impôt sur 49 500 € alors que son bénéfice avant cotisations n'est que de 45 000 €. Au réel, il récupère 9 080 € par an. C'est le profil type pour qui le micro-BNC est un piège. Voir aussi notre page expert-comptable pour kinésithérapeute.

Infirmier libéral qui roule beaucoup : sous 34 %, et pourtant le réel gagne

Léa, infirmière libérale conventionnée en zone rurale, encaisse 65 000 € et parcourt 30 000 km professionnels par an avec une voiture de 5 CV. Au réel, elle peut retenir ses frais de véhicule selon le barème kilométrique (option ouverte en BNC) : 30 000 × 0,427 = 12 810 € selon le dernier barème publié, celui des revenus 2025. S'y ajoutent 3 600 € de local partagé, 1 500 € de téléphone, logiciel et lecteur de cartes, 1 000 € de consommables, 900 € d'assurance et de cotisation ordinale, 700 € de formation. Total : 20 510 €, soit 31,6 % des recettes, sous la barre des 34 %.

Infirmière, 65 000 € de recettesMicro-BNCDéclaration contrôlée
Frais réels payés20 510 €20 827 € (dont logiciel)
Cotisations et contributions sociales14 803 € (assiette : 42 900 €)11 880 €
Revenu imposable42 900 €33 488 €
Impôt sur le revenu5 974 €3 150 €
Reste disponible23 713 €29 143 €

Avec la règle naïve des 34 %, Léa resterait en micro. En intégrant ses cotisations, ses charges déductibles au réel montent à 31 512 € (48,5 % des recettes) et le réel lui laisse 5 430 € de plus par an. Les spécificités du métier (indemnités kilométriques, rétrocessions aux remplaçants) sont détaillées sur notre page expert-comptable pour infirmier libéral.

À RETENIR
Trois profils, trois verdicts : le psychologue à 6,7 % de frais garde le micro, le kiné à 40 % gagne 9 080 € au réel, et l'infirmière à 31,6 % gagne quand même 5 430 €. Ce qui compte, c'est la somme frais + cotisations, pas les frais seuls. Les ostéopathes et les médecins suivent la même logique ; l'ostéopathe micro-entrepreneur se rapproche du cas du psychologue.
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4. Comment opter, et comment en sortir

L'option est prévue par l'article 102 ter du CGI. Sa logique a changé avec la loi de finances pour 2022 (article 7) : on n'opte plus en déposant tranquillement la 2035 de l'année concernée, on opte au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultats de l'année qui précède celle où le réel doit s'appliquer. Service-public le résume ainsi pour toutes les micro-entreprises : le délai d'option est celui du dépôt de la déclaration des résultats de l'année précédant celle au titre de laquelle l'option s'applique.

1
Faire le calcul sur l'année à venir
Estimez recettes, frais et cotisations de l'année où vous voulez être au réel, pas de l'année écoulée : c'est elle qui sera imposée selon le nouveau régime.
2
Notifier l'option au SIE
Courrier daté et signé, ou message depuis votre espace professionnel impots.gouv.fr, au plus tard à la date limite de la déclaration de l'année précédente. Pour être au réel en 2027 : printemps 2027 au plus tard.
3
Prévenir l'Urssaf si vous êtes micro-entrepreneur
L'option fiscale met fin au régime micro-social. Pour une sortie au 1er janvier, la demande doit parvenir à l'Urssaf avant le 31 décembre de l'année précédente.
4
Tenir la comptabilité dès le 1er janvier
Livre-journal des recettes et dépenses, registre des immobilisations, justificatifs classés. Une compta reconstituée en avril coûte plus cher et laisse passer des charges.
5
Déposer la 2035 au printemps suivant
Télétransmission obligatoire, puis report du bénéfice sur la 2042-C-PRO et du volet social dans la DSFU.

Durée, reconduction et renonciation

L'option vaut un an et se reconduit tacitement chaque année tant que vous restez éligible au micro-BNC (règle applicable aux options exercées ou reconduites depuis 2016 ; l'ancienne durée de deux ans figure encore sur certains sites). Pour revenir au micro, notifiez votre renonciation au SIE dans le délai de dépôt de la déclaration de résultats de l'année précédant celle du retour. Exemple : pour être de nouveau en micro-BNC sur 2029, renoncez au plus tard à l'échéance de la déclaration des revenus 2028, au printemps 2029.

Certains guides professionnels expliquent encore qu'on peut opter pour l'année N en déposant la 2035 de l'année N en mai N+1. Ce n'est pas ce que retient l'administration depuis la réforme de 2022 : ne pariez pas sur une option rétroactive, décidez avant ou pendant l'année concernée et gardez une trace écrite.

Le dépassement du plafond : une année de tolérance

SituationRégime applicable
Recettes 2024 et 2025 sous 83 600 €Micro-BNC en 2026 (sauf option)
Dépassement en 2025 seulementMicro-BNC maintenu en 2026 : c'est l'année de tolérance
Dépassement en 2025 et en 2026Déclaration contrôlée obligatoire dès le 1er janvier 2027
Première année d'activitéPlafond proratisé au temps d'exercice

La sortie forcée ne laisse aucun choix : si vous approchez du plafond deux années de suite, organisez votre comptabilité au réel dès janvier plutôt que de découvrir la bascule au moment de déclarer.

5. Ce que le réel change au quotidien

Bureau avec registre comptable, carte routière et petite voiture, stéthoscope et ordinateur portable

Le réel ne transforme pas votre activité en PME, mais il ajoute une tenue régulière et quatre à cinq déclarations par an. La bonne nouvelle : la comptabilité reste une comptabilité de trésorerie (article 93 du CGI). Une recette compte l'année où elle est encaissée, une dépense l'année où elle est payée. Pas de bilan, pas de créances clients à suivre, sauf si vous optez pour les créances acquises.

Vos obligations en déclaration contrôlée
✓ Tenir un livre-journal des recettes et des dépenses professionnelles, au jour le jour
✓ Tenir un registre des immobilisations et des amortissements (matériel, véhicule, mobilier)
✓ Conserver les justificatifs de chaque dépense : la charge non justifiée est réintégrée en cas de contrôle
✓ Télétransmettre la déclaration 2035 et ses annexes chaque printemps
✓ Reporter le bénéfice sur la 2042-C-PRO et remplir le volet social (DSFU)
✓ Déposer la DAS2 si vous versez plus de 2 400 € d'honoraires ou de rétrocessions à un même bénéficiaire dans l'année
ObligationEn micro-BNCAu réel
2035 Non Oui, télétransmise au printemps (date fixée chaque année, en général en mai)
DSFU (volet social de la déclaration de revenus) Non pour un micro-entrepreneur, qui déclare son CA à l'Urssaf chaque mois ou trimestre Oui : revenu reporté depuis la 2035, l'Urssaf calcule les cotisations définitives
TVA Inchangée : la franchise en base dépend des recettes (37 500 €, seuil majoré 41 250 € pour les prestations), pas du régime BNC. Les soins des professions de santé réglementées sont exonérés (article 261, 4-1° du CGI)
CFE Inchangée : due dans les deux régimes, sur la valeur locative du local ou une base minimum fixée par la commune
DAS2 Due par tout professionnel qui verse plus de 2 400 € par an à un même bénéficiaire (seuil applicable aux sommes versées depuis 2024)

Le calendrier détaillé du volet social est expliqué dans notre guide de la DSFU, et la déclaration des honoraires versés dans la fiche DAS2. Pour la vue d'ensemble des obligations d'un libéral, lisez notre guide sur la comptabilité d'une profession libérale.

Côté cotisations, le rythme change aussi. Le micro-entrepreneur paie au fil de ses encaissements. Au réel, l'Urssaf appelle des acomptes provisionnels calculés sur le dernier revenu connu, puis régularise une fois la DSFU déposée. La première année au réel, prévoyez une réserve de trésorerie : la régularisation peut tomber en fin d'année suivante.

6. Seul, logiciel ou expert-comptable : combien ça coûte

Le coût de la gestion se retranche du gain calculé plus haut, mais il est lui-même déductible au réel. Trois façons de faire, pour trois profils de libéraux.

Solution Coût annuel Ce qui est fait pour vous Pour qui
Tout faire seul (tableur + espace professionnel impots.gouv.fr) 0 € Rien : saisie, 2035, télétransmission et DSFU à votre charge Déconseillé : la 2035 n'est pas un formulaire grand public, et une erreur de catégorie de charge se paie au contrôle
Indy Autonomie (logiciel) 264 € HT en paiement annuel (22 € HT/mois), ou 28 € HT/mois sans engagement Catégorisation bancaire, 2035 et télétransmission, TVA, DSFU, CFE, DAS2, 2042-C-PRO, conseils illimités Libéral organisé, activité simple, peu d'immobilisations
Indy Sérénité (logiciel + expert-comptable partenaire) 71 € HT/mois Logiciel, plus un expert-comptable partenaire qui certifie la déclaration, et 3 h de rendez-vous par an Libéral qui veut un regard professionnel sans changer d'outil
L-Expert-Comptable.com (expert-comptable) dès 39 € HT/mois pour un libéral en BNC Tenue, 2035, déclarations, conseil personnalisé Libéral qui délègue, budget serré
Dougs (expert-comptable) dès 49 € HT/mois pour une EI en BNC Tenue, 2035, déclarations, conseil personnalisé Libéral qui veut une relation suivie et une application de pré-comptabilité

Tarifs relevés sur les sites des éditeurs et cabinets (Indy le 22 octobre 2026, Dougs et L-Expert-Comptable.com le 29 septembre 2026). Un libéral en franchise ou exonéré de TVA ne la récupère pas : comptez le prix TTC dans votre calcul, soit 317 € par an pour Indy Autonomie en paiement annuel.

Comment trancher entre logiciel et cabinet ? Si vos dépenses tiennent en une vingtaine de lignes récurrentes, sans gros investissement ni remplaçant, un logiciel suffit. Dès que vous amortissez du matériel, rétrocédez des honoraires, partagez un cabinet en société civile de moyens ou hésitez sur la déductibilité d'une dépense, l'expert-comptable se rentabilise. Notre avis détaillé sur Indy et le duel Indy ou expert-comptable vont plus loin, et notre comparatif des logiciels de comptabilité pour profession libérale passe en revue les alternatives.

7. Les points à vérifier avant de basculer

  • La réduction d'impôt pour frais de comptabilité a disparu. La réduction de l'article 199 quater B du CGI (frais de tenue de comptabilité et d'adhésion à un organisme de gestion agréé, jusqu'à 915 €) est supprimée à compter de l'imposition des revenus 2025 par la loi de finances pour 2025. Ne comptez plus dessus pour financer votre logiciel ou votre expert-comptable.
  • Plus de pénalité pour non-adhésion à un OGA. La majoration de 25 % du bénéfice des non-adhérents a été supprimée progressivement et ne s'applique plus depuis les revenus 2023. L'adhésion n'est plus un passage obligé.
  • Le versement libératoire tombe. Si vous en bénéficiez en micro-entreprise, son avantage disparaît au réel : intégrez-le à la comparaison, comme dans l'exemple du psychologue.
  • Les investissements de l'année de bascule. Un gros achat de matériel est amorti au réel sur sa durée d'utilisation. Faire coïncider l'installation d'un cabinet avec le passage au réel permet de déduire ces amortissements, voire de créer un déficit imputable sur les autres revenus du foyer.
  • La retraite. Des cotisations plus basses ouvrent moins de droits. Pour un libéral proche de la retraite, la comparaison mérite un avis personnalisé.
  • La qualité de vos justificatifs. Le réel ne paie que si vos dépenses sont prouvables : factures, relevés kilométriques (date, trajet, motif), contrats de location. Un barème kilométrique sans carnet de tournées ne tiendra pas en contrôle.
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8. Questions fréquentes

À partir de quel niveau de charges la déclaration contrôlée devient-elle intéressante ?
La règle officieuse dit 34 % de frais, mais elle oublie un point : au réel, vos cotisations sociales obligatoires sont déductibles, alors qu'en micro-BNC l'abattement de 34 % est censé les couvrir. La comparaison juste porte donc sur vos frais réels plus vos cotisations. Dans nos simulations 2026 (célibataire, 45 000 à 65 000 € de recettes), le réel passe devant dès 13 à 15 % de frais hors cotisations, avant coût de la comptabilité.
Jusqu'à quand peut-on opter pour la déclaration contrôlée ?
Depuis la loi de finances pour 2022, l'option doit être exercée au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultats de l'année qui précède celle où vous voulez être au réel. Pour vos revenus 2027, c'est donc au printemps 2027, à l'échéance de la déclaration des revenus 2026. Un courrier daté et signé adressé à votre service des impôts des entreprises (SIE) sécurise l'option.
L'option pour le réel est-elle définitive ?
Non. Elle vaut un an et se reconduit tacitement chaque année tant que vous restez sous le plafond du micro-BNC. Pour revenir au micro, il faut notifier la renonciation au SIE dans le délai de dépôt de la déclaration de résultats de l'année précédant celle du retour. Sans démarche, vous restez au réel.
Que se passe-t-il si je dépasse 83 600 € de recettes ?
Une seule année de dépassement ne change rien : le micro-BNC est maintenu. Si les recettes dépassent 83 600 € deux années civiles consécutives, la déclaration contrôlée s'applique obligatoirement au 1er janvier de l'année suivante. Exemple : 88 000 € en 2025 et 90 000 € en 2026, passage au réel pour les revenus 2027.
Passer au réel me fait-il perdre la franchise de TVA ?
Non. La franchise en base de TVA dépend de vos recettes (37 500 € pour les prestations de services, 41 250 € en seuil majoré), pas de votre régime BNC. Les soins des professions de santé réglementées sont en outre exonérés de TVA par l'article 261, 4-1° du CGI : un infirmier, un kinésithérapeute ou un psychologue n'en facture pas, au micro comme au réel.
Un micro-entrepreneur qui passe au réel reste-t-il auto-entrepreneur ?
Non. L'option pour un régime réel d'imposition met fin au régime micro-social : vos cotisations sont ensuite calculées sur votre bénéfice, avec des acomptes provisionnels et une régularisation via la déclaration sociale des indépendants. Pour une bascule propre au 1er janvier, prévenez l'Urssaf avant le 31 décembre. Vous gardez votre entreprise individuelle et votre numéro SIRET.
Peut-on tenir seul sa comptabilité au réel ?
Oui, aucun texte n'impose un expert-comptable à une entreprise individuelle en BNC. Il faut alors tenir un livre-journal des recettes et dépenses, un registre des immobilisations, télétransmettre la 2035 et remplir la DSFU. Un logiciel spécialisé coûte quelques centaines d'euros par an ; un expert-comptable en ligne démarre autour de 40 à 50 € HT par mois pour un libéral.

Sources

Article publié le 22 octobre 2026, mis à jour le . Les simulations reposent sur le moteur de calcul de l'Urssaf en octobre 2026 et sur des hypothèses de foyer simplifiées : elles illustrent un raisonnement et ne remplacent pas une simulation personnalisée.

LEC
Rédigé par la rédaction Les Experts Comptables
Méthodologie : règles vérifiées sur service-public.fr, le BOFiP et le Code général des impôts ; cotisations et impôt des exemples calculés avec le simulateur officiel de l'Urssaf (année 2026, célibataire, une part) ; tarifs relevés sur les sites des solutions. Aucun classement sponsorisé. Notre comparateur