Expert-comptable médecin libéral : 2035, secteur 1 et tarifs 2026

Généraliste ou spécialiste installé en libéral, vous déclarez des bénéfices non commerciaux et déposez chaque année une 2035. Votre comptabilité a ses propres règles : déductions forfaitaires du secteur 1, cotisations en partie prises en charge par l'Assurance maladie, CARMF, exonération de TVA sur les soins, rétrocessions aux remplaçants. Ce guide fait le point sur ces règles, sur ce qu'un expert-comptable apporte vraiment à un médecin, et sur le cas où un logiciel suffit.

Bureau de médecin libéral avec stéthoscope, ordinateur et dossiers comptables
Sommaire
83 600 €
plafond de recettes du micro-BNC en 2026
3 050 €
déduction groupe III maximale d'un généraliste secteur 1
2/3
de la cotisation ASV payés par l'Assurance maladie en secteur 1
264 € HT
par an pour un logiciel qui télétransmet la 2035 (Indy Autonomie)
Un médecin libéral en entreprise individuelle n'est pas obligé de prendre un expert-comptable, mais il doit tenir une comptabilité de trésorerie et télétransmettre sa déclaration 2035. Un généraliste secteur 1 installé seul peut s'en charger avec un logiciel (dès 264 € HT/an), à condition d'appliquer ses déductions forfaitaires. En SCM, en SELARL ou avec du personnel, un expert-comptable habitué à la santé (de l'ordre de 1 000 à 3 000 € HT/an) reste le bon choix.
EN BREF : LA BONNE SOLUTION SELON VOTRE SITUATION
Remplaçant, recettes sous 83 600 € Micro-BNC, sans comptable · 0 €
Généraliste installé seul, au réel Logiciel BNC (Indy Autonomie) ou EC en ligne · dès 264 € HT/an
Cabinet de groupe en SCM Expert-comptable pour la SCM · 2036 + 2035 de chaque associé
SELARL ou spécialiste à gros volume Expert-comptable inscrit à l'Ordre · comptabilité de société

1. BNC, micro ou déclaration contrôlée : quel régime pour un médecin ?

Les honoraires d'un médecin libéral relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC). Deux régimes existent : le micro-BNC, possible tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € par an en 2026, et la déclaration contrôlée, c'est-à-dire le régime réel des BNC.

Un généraliste installé dépasse le plus souvent ce plafond : il relève alors de plein droit de la déclaration contrôlée. Le micro reste pertinent pour un remplaçant ou une première année d'activité. Un médecin sous le seuil peut aussi opter pour le réel, et il y a souvent intérêt en secteur 1, car les déductions forfaitaires décrites plus bas ne s'appliquent qu'en déclaration contrôlée.

CritèreMicro-BNCDéclaration contrôlée (réel)
AccèsRecettes jusqu'à 83 600 € en 2026De plein droit au-delà, sur option en dessous
Calcul du bénéficeRecettes moins un abattement forfaitaire de 34 %Recettes encaissées moins dépenses payées
Déductions secteur 1 (2 %, groupe III, 3 %)NonOui
ObligationsLivre des recettes, montant reporté sur la 2042-C-PROLivre-journal, registre des immobilisations, déclaration 2035 télétransmise
Profil typeRemplaçant, début d'activitéGénéraliste et spécialiste installés
?
Déclaration 2035 : définition
Liasse fiscale annuelle des professions libérales au régime réel des BNC. Elle récapitule les recettes encaissées, les dépenses payées, les immobilisations et les amortissements de l'année. Elle se télétransmet obligatoirement, en général début mai, avec quinze jours de délai supplémentaire en cas d'envoi par voie électronique, puis le bénéfice est reporté sur la 2042-C-PRO.

La comptabilité BNC est une comptabilité de trésorerie : on retient les honoraires encaissés dans l'année, y compris les règlements de l'Assurance maladie en tiers payant, et les dépenses effectivement payées. Les relevés de télétransmission et de tiers payant doivent donc être rapprochés des encaissements bancaires, ce qui prend du temps quand les rejets et les régularisations s'accumulent. Pour le détail ligne par ligne, voir notre fiche sur la déclaration 2035 et notre guide de la comptabilité d'une profession libérale. Si vous sortez du micro, lisez aussi comment passer du micro-BNC au réel.

2. Médecin secteur 1 : les trois déductions forfaitaires

C'est la vraie spécificité fiscale du médecin conventionné en secteur 1, et l'erreur la plus fréquente quand on fait sa 2035 seul : oublier une déduction ou la calculer sur la mauvaise base. Au régime de la déclaration contrôlée, la doctrine fiscale (BOI-BNC-SECT-40) admet trois déductions qui s'ajoutent aux charges réelles.

DéductionBase de calculCe qu'il faut savoir
Abattement de 2 %Recettes brutes, dépassements autorisés (DE, DP) compris, hors plus-valuesCouvre représentation, réception, prospection, cadeaux, travaux de recherche, blanchissage et petits déplacements. Facultatif, choisi pour l'année entière. Ces frais ne peuvent plus être passés en charges en plus.
Groupe IIIHonoraires conventionnelsSomme forfaitaire selon un barème propre à chaque catégorie de médecins (BOI-BAREME-000025).
Déduction complémentaire de 3 %Honoraires conventionnels, hors dépassementsElle réduit l'impôt sur le revenu mais est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales.

Pour les omnipraticiens, le barème du groupe III est le suivant. Les spécialistes médicaux, les chirurgiens et les électroradiologistes qualifiés ont leurs propres barèmes dans le même texte.

Honoraires conventionnels de l'année (omnipraticien)Déduction groupe III
Jusqu'à 9 100 €770 €
De 9 100 € à 12 150 €920 €
De 12 150 € à 15 200 €1 220 €
De 15 200 € à 18 250 €1 530 €
De 18 250 € à 21 300 €1 830 €
De 21 300 € à 24 350 €2 140 €
De 24 350 € à 27 400 €2 440 €
De 27 400 € à 30 450 €2 750 €
Plus de 30 450 €3 050 €

Exemple chiffré : un généraliste secteur 1 à 120 000 € d'honoraires

Prenons un généraliste secteur 1 qui encaisse 120 000 € d'honoraires sur l'année, dont 115 000 € d'honoraires conventionnels et 5 000 € de dépassements autorisés.

  • Abattement de 2 % sur les recettes brutes : 120 000 € x 2 % = 2 400 €
  • Groupe III (honoraires conventionnels au-delà de 30 450 €) : 3 050 €
  • Déduction complémentaire de 3 % : 115 000 € x 3 % = 3 450 €

Total : 8 900 € de bénéfice imposable en moins. Avec une tranche marginale d'imposition à 30 %, cela représente environ 2 670 € d'impôt sur le revenu par an. Oublier ces lignes sur une 2035 faite à la main coûte donc plus cher que n'importe quel abonnement comptable.

CE QUI A CHANGÉ EN 2024
Jusqu'ici, la doctrine obligeait le médecin secteur 1 à choisir entre la déduction groupe III + 3 % et les avantages liés à l'adhésion à un organisme de gestion agréé. Après un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme du 7 décembre 2023, l'administration a abandonné cette exigence dans sa mise à jour du BOFiP du 28 août 2024. Les années non prescrites peuvent être corrigées : 2035 rectificative pour l'année la plus récente, réclamation pour les plus anciennes, sans pouvoir ajouter après coup l'abattement de 2 % s'il n'avait pas été pratiqué.

3. Secteur 2 et OPTAM : ce qui change

Le médecin secteur 2 fixe ses honoraires avec tact et mesure, au-delà des tarifs opposables. Trois conséquences pour sa comptabilité :

  • Pas de déductions forfaitaires du secteur 1 : les frais de représentation, de déplacement ou de blanchissage se déduisent pour leur montant réel, justificatifs à l'appui.
  • Des cotisations plus lourdes : sans adhésion à l'OPTAM, l'Assurance maladie ne prend pas en charge une partie des cotisations maladie et allocations familiales, et la cotisation ASV de la CARMF reste entièrement à votre charge.
  • L'OPTAM change la donne en partie : l'adhérent à l'option de pratique tarifaire maîtrisée bénéficie d'une prise en charge sur la part de son activité réalisée aux tarifs opposables. La déclaration sociale comporte une rubrique dédiée à ces honoraires, à compléter avec le relevé fourni par l'Assurance maladie.

Un médecin secteur 2 peut aussi relever du régime général des travailleurs indépendants plutôt que du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC) : la brochure fiscale 2026 prévoit ce cas avec une case spécifique sur la déclaration. Le choix a des effets sur la protection sociale et les cotisations : c'est typiquement une question à poser à un expert-comptable avant de décider.

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4. URSSAF, CARMF et déclaration sociale

Le médecin conventionné relève du régime des PAMC pour l'assurance maladie et de la CARMF pour la retraite. En secteur 1, l'Assurance maladie finance une part importante de ces cotisations : c'est un avantage réel, mais il dépend de données (relevé d'honoraires SNIR, ratio d'activité conventionnée) qu'il faut vérifier chaque année.

Ce que l'Assurance maladie prend en charge en secteur 1

CotisationPrise en charge en secteur 1
Maladie-maternitéLa quasi-totalité de la cotisation due sur les revenus conventionnés (il reste de l'ordre de 0,10 % à votre charge sur cette part)
Allocations familiales100 %, 75 % ou 60 % selon la tranche de revenus conventionnés, hors dépassements
ASV (CARMF)Deux tiers : en 2026, part forfaitaire de 1 917 € pour le médecin et 3 834 € pour les caisses maladie
Régime de base (CARMF)Participation au titre de la compensation de la CSG, dégressive selon le revenu
CSG-CRDS, CURPS, formation, indemnités journalièresAucune : entièrement à votre charge

La prise en charge ne porte que sur la part conventionnée de l'activité, calculée avec un ratio recettes conventionnées sur recettes totales. Des honoraires mal ventilés (expertises, activité en établissement, dépassements) faussent ce ratio et donc le montant pris en charge.

La retraite à la CARMF

Régime CARMF (2026)Taux ou montant
Régime de base8,73 % jusqu'à 48 060 € (1 PASS) et 1,87 % jusqu'à 5 PASS
Régime complémentaire11,8 % des revenus dans la limite de 168 210 € (3,5 PASS)
ASV, secteur 11 917 € de part forfaitaire + 1,3333 % du revenu conventionnel, le reste étant payé par les caisses maladie
Invalidité-décèsDe 626 € à 1 010 € selon le revenu

Les cotisations sont appelées en provisionnel puis régularisées quand le revenu est connu : une année de forte hausse se paie l'année suivante. Mettre de côté une part de chaque encaissement évite le choc de la régularisation. Notre guide sur la comptabilité des professions libérales détaille ces mécanismes pour les autres caisses.

La déclaration sociale : volet PAMC de la déclaration de revenus

Les médecins conventionnés ne déposent plus de déclaration sociale séparée auprès de l'URSSAF : ils remplissent le volet social PAMC intégré à la déclaration de revenus sur impots.gouv.fr, l'équivalent pour eux de la DSFU des autres indépendants. Les rubriques sont préremplies avec le relevé d'honoraires de l'Assurance maladie, à vérifier et à corriger si besoin. Depuis la déclaration 2026 sur les revenus 2025, la réforme de l'assiette sociale s'applique : les cotisations sont calculées sur un revenu brut social, diminué d'un abattement forfaitaire de 26 %. La déclaration reste obligatoire même avec un revenu nul ; à défaut, une pénalité de 5 % des cotisations est encourue.

5. TVA, CFE et exonérations

TVA : les soins sont exonérés, pas tout le reste

L'article 261, 4, 1° du Code général des impôts exonère de TVA les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées. La consultation, l'acte technique, la visite : pas de TVA. L'exonération ne couvre en revanche que les prestations ayant une finalité thérapeutique ou de diagnostic. Restent taxables :

  • les actes à visée purement esthétique, sans finalité thérapeutique ;
  • les expertises dont l'objet principal est de permettre à un tiers (assureur, juge, employeur) de prendre une décision produisant des effets juridiques ;
  • les recettes sans lien avec les soins, comme la sous-location d'un local équipé.

Si ces recettes taxables restent modestes, la franchise en base vous dispense de facturer la TVA : en 2026, le seuil pour les prestations de services est de 37 500 € (41 250 € en seuil majoré). Au-delà, vous devenez redevable de la TVA sur ces seules recettes, ce qui suppose une comptabilité qui sépare les deux flux. Revers de l'exonération : vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. Matériel, loyer, logiciel ou honoraires comptables vous coûtent leur prix TTC.

CFE : due, mais parfois exonérée

Le médecin libéral est redevable de la cotisation foncière des entreprises, y compris le remplaçant. L'année de création, la CFE n'est pas due. Deux dispositifs spécifiques méritent d'être vérifiés à l'installation :

  • Article 1464 D du CGI : les communes peuvent exonérer de CFE, pour deux à cinq ans, les médecins qui s'installent dans une commune de moins de 2 000 habitants ou en zone de revitalisation rurale. Il faut vérifier la délibération de votre commune.
  • Article 151 ter du CGI : les rémunérations perçues au titre de la permanence des soins dans les zones déficitaires en offre de soins sont exonérées d'impôt sur le revenu, dans la limite de 60 jours de permanence par an.

6. Les frais déductibles d'un cabinet médical

Deux piles de documents comparées sur un bureau avec stéthoscope et sacoche médicale

Au réel, tout ce qui est payé dans l'intérêt de l'activité et justifié se déduit. Les postes typiques d'un médecin :

PosteTraitementPoint de vigilance
VéhiculeFrais réels (avec amortissement si le véhicule est inscrit au registre des immobilisations) ou barème kilométriqueLe barème s'applique à toute l'année. Les trajets domicile-cabinet et les visites se justifient par un relevé.
LocalLoyer déductible. Local en propriété : à l'actif professionnel ou conservé dans le patrimoine privéLe choix a des conséquences sur les plus-values à la revente. Souvent arbitré avec une SCI qui loue au cabinet.
Matériel médical, mobilierAmorti sur sa durée d'utilisation ; petit matériel déductible immédiatementLa TVA n'étant pas récupérable, le coût retenu est le prix TTC.
Logiciel métier, télétransmissionAbonnements déductibles en chargesLogiciel médical, agenda en ligne, lecteur de cartes, messagerie sécurisée de santé.
Cotisations ordinales et syndicalesDéductiblesOrdre des médecins, URPS, syndicat professionnel.
Formation, DPC, congrèsFrais d'inscription, transport et hébergement déductiblesLes indemnités perçues au titre du DPC sont des recettes à déclarer.
Cotisations sociales obligatoiresURSSAF, CARMF déductibles du bénéfice fiscalPour la CSG, seule la part déductible l'est.
Quote-part de SCMDéductible sur la 2035 de chaque associéElle doit concorder avec la 2036 de la SCM.
DOUBLE DÉDUCTION
Si vous pratiquez l'abattement de 2 % du secteur 1, les frais qu'il couvre (représentation, réception, cadeaux, blanchissage, petits déplacements) ne doivent pas figurer en plus dans vos charges. C'est un point classique de contrôle.

7. Médecin remplaçant : statut et rétrocessions

Le remplaçant exerce en libéral sous son propre nom fiscal. Le titulaire encaisse les honoraires des actes réalisés pendant le remplacement, puis en reverse une part convenue au remplaçant : la rétrocession d'honoraires.

  • Côté titulaire : il déclare l'intégralité des honoraires encaissés et déduit la rétrocession versée sur sa 2035. Il doit aussi déclarer les rétrocessions dépassant 2 400 € par an et par bénéficiaire sur la DAS2 (article 240 du CGI).
  • Côté remplaçant : ses recettes sont les rétrocessions perçues. Sous 83 600 €, le micro-BNC est souvent la formule la plus simple, avec un abattement de 34 %. Dans la déclaration sociale, il indique le montant brut de ses rétrocessions et zéro en dépassements.
  • Petite activité de remplacement : le régime simplifié des professions médicales (RSPM) permet aux remplaçants dont les recettes ne dépassent pas 19 000 € par an de déclarer et payer leurs cotisations par un service en ligne unique de l'URSSAF, avec un taux global.

À retenir pour le remplaçant : la CFE reste due, et le passage au réel devient intéressant dès que les frais réels (déplacements, logement près du lieu de remplacement, assurance) dépassent 34 % des recettes. Notre guide du micro-BNC détaille le calcul.

8. SCM, SELARL et cumul emploi-retraite

Cabinet de groupe en SCM

La société civile de moyens partage les frais communs (loyer, secrétariat, matériel) entre associés qui gardent chacun leur patientèle et leurs honoraires. Elle est fiscalement transparente : elle dépose une déclaration 2036 qui répartit les charges entre associés, et chacun reporte sa quote-part sur sa propre 2035. Les services qu'elle rend à ses membres peuvent être exonérés de TVA sous conditions (article 261 B du CGI). Une SCM à trois ou quatre associés, avec une secrétaire salariée, justifie presque toujours un expert-comptable : la clé de répartition, la paie et la cohérence entre 2036 et 2035 sont des sources d'erreurs.

SELARL : quand y penser

En SELARL soumise à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice est imposé dans la société, le médecin se verse une rémunération (article 62 du CGI pour le gérant majoritaire) et éventuellement des dividendes. L'intérêt : laisser une partie du résultat dans la société à l'IS, au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions, pour financer du matériel ou constituer une réserve. Les contreparties : comptabilité d'engagement complète, bilan, liasse fiscale, assemblée annuelle, et dividendes soumis à cotisations sociales pour la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d'émission et des comptes courants. Le gérant majoritaire reste affilié au régime PAMC et à la CARMF. Une SELARL se décide sur simulation chiffrée, pas sur un seuil de bénéfice unique.

Cumul emploi-retraite

Le médecin retraité peut reprendre ou poursuivre une activité libérale, souvent en remplacement. Il reste redevable des cotisations URSSAF et CARMF sur ses revenus d'activité. Les règles du cumul évoluent : la CARMF a voté fin 2025 l'ouverture de nouveaux droits en retraite complémentaire pour les médecins en cumul, et une réforme des conditions de cumul est annoncée pour 2027. Avant de reprendre une activité, faites vérifier votre situation à partir du guide du cumul publié par la CARMF.

9. Logiciel ou expert-comptable : combien ça coûte ?

Le médecin étant exonéré de TVA sur ses soins, il ne récupère pas la TVA facturée par son comptable ou son logiciel : comparez les prix TTC. Tous ces coûts sont déductibles du bénéfice BNC. Attention en revanche à une idée reçue : la réduction d'impôt pour frais de comptabilité des adhérents d'un organisme de gestion agréé (article 199 quater B du CGI, plafonnée à 915 €) a été supprimée à compter de l'imposition des revenus 2025.

SolutionNatureCoût annuel HTCoût annuel TTC (réel pour un médecin)
Indy Autonomie, paiement annuelLogiciel264 €316,80 €
Indy Autonomie, sans engagement (28 € HT/mois)Logiciel336 €403,20 €
L-Expert-Comptable.com, libéral BNC (dès 39 € HT/mois)Expert-comptable en lignedès 468 €dès 561,60 €
Dougs, EI en BNC (dès 49 € HT/mois)Expert-comptable en lignedès 588 €dès 705,60 €
Indy Sérénité, paiement annuel (71 € HT/mois)Logiciel + expert-comptable partenaire852 €1 022,40 €
Expert-comptable spécialisé santé (estimation de marché)Cabinet inscrit à l'Ordre1 000 à 3 000 €1 200 à 3 600 €

Les prix d'entrée des cabinets en ligne correspondent à leur offre d'entrée pour un libéral en BNC (tarifs relevés le 29/09/2026) ; un volume de pièces élevé, une SCM ou la paie d'une secrétaire font monter la facture. La fourchette des cabinets spécialisés santé est notre estimation de marché, pas un barème : demandez toujours une lettre de mission chiffrée. Notre guide du coût d'un expert-comptable pour un professionnel de santé détaille les tarifs par profil, et le simulateur de tarif donne une estimation en deux minutes.

Indy Autonomie : pour qui, et avec quelles limites

Indy est un logiciel, pas un cabinet d'expertise comptable. Sa formule Autonomie vise le libéral au réel qui veut faire sa comptabilité lui-même, guidé : catégorisation des opérations bancaires, préparation et télétransmission de la 2035, TVA si besoin, DSFU, CFE, DAS2 et 2042-C-PRO, avec des réponses illimitées par chat et par e-mail. Indy annonce une garantie fiscale : si une erreur imputable à Indy est contestée par l'administration, Indy prend en charge les pénalités et majorations. La formule gratuite ne comprend pas la 2035 ; la formule Sérénité ajoute un expert-comptable partenaire, la certification des comptes et trois heures de rendez-vous par an.

Ce qu'un logiciel ne fait pas : pas de lettre de mission, pas de conseil engageant la responsabilité d'un expert-comptable, pas de gestion d'une SCM ou d'une SELARL. Pendant le mois d'essai, vérifiez aussi que vos déductions secteur 1 (2 %, groupe III, 3 %) sont bien reportées dans la 2035 générée, et pensez à vos autres options de logiciel pour profession libérale. Notre comparatif Indy ou expert-comptable tranche le sujet en détail.

Logiciel, non inscrit à l'Ordre Médecin au réel, autonome sur sa compta ?

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10. Quelle solution selon votre profil

ProfilRégimeSolution adaptéePourquoi
Remplaçant, recettes sous 83 600 €Micro-BNC ou RSPMAucun comptable nécessaire, un tableur ou un outil gratuitObligations limitées : livre des recettes, report sur la 2042-C-PRO
Généraliste installé seul, secteur 1Déclaration contrôléeLogiciel BNC (Indy Autonomie) ou expert-comptable en ligneDossier simple ; l'enjeu est d'appliquer correctement les trois déductions
Spécialiste secteur 2 ou OPTAMDéclaration contrôléeExpert-comptable en ligne ou cabinet santéVolume d'honoraires, choix du régime social, frais réels à justifier
Cabinet de groupe en SCM2036 + 2035 par associéExpert-comptable pour la SCM et souvent pour les associésClé de répartition, paie d'une secrétaire, cohérence des liasses
SELARLImpôt sur les sociétésExpert-comptable inscrit à l'OrdreComptabilité de société, arbitrage rémunération et dividendes
Avant de signer avec un expert-comptable, demandez-lui :
✓ Combien de médecins libéraux il suit, et s'il connaît le barème du groupe III de votre spécialité
✓ S'il vérifie le volet social PAMC et le ratio d'activité conventionnée chaque année
✓ Si la 2036 de votre SCM et votre 2035 sont traitées par la même équipe
✓ Ce qui est inclus : rapprochement des relevés de tiers payant, DAS2, CFE, paie
✓ S'il peut chiffrer un passage en SELARL avec vos vrais chiffres

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Questions fréquentes

Un médecin libéral est-il obligé de prendre un expert-comptable ?
Non. Aucun texte n'impose à un médecin en entreprise individuelle de recourir à un expert-comptable. Vous devez en revanche tenir un livre-journal des recettes et des dépenses, un registre des immobilisations et télétransmettre chaque année votre déclaration 2035. Un généraliste installé seul, rigoureux, peut le faire avec un logiciel adapté. En SCM, en SELARL ou avec des salariés, l'accompagnement d'un expert-comptable inscrit à l'Ordre devient vite rentable.
Combien coûte un expert-comptable pour un médecin généraliste ?
Pour un généraliste en entreprise individuelle, comptez en général de 1 000 à 3 000 € HT par an chez un expert-comptable habitué aux professions de santé, selon le volume de pièces et les options (paie d'une secrétaire, SCM). C'est une estimation de marché, pas un tarif réglementé. Les offres en ligne démarrent plus bas : 39 € HT/mois chez L-Expert-Comptable.com et 49 € HT/mois chez Dougs pour une activité libérale en BNC. Un logiciel comme Indy Autonomie coûte 264 € HT par an en paiement annuel. Un médecin exonéré de TVA ne récupère pas la TVA : le coût réel est le prix TTC.
Un médecin généraliste peut-il être en micro-BNC ?
Oui, si ses recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 € en 2026. Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % pour frais. En pratique, il convient surtout aux remplaçants et aux débuts d'activité : un généraliste installé dépasse le plus souvent ce seuil, et le micro-BNC prive le médecin secteur 1 des déductions forfaitaires réservées à la déclaration contrôlée.
Quelles déductions forfaitaires pour un médecin conventionné secteur 1 ?
Au régime de la déclaration contrôlée, le médecin secteur 1 peut pratiquer trois déductions : un abattement de 2 % des recettes brutes pour certains petits frais (représentation, réception, blanchissage, petits déplacements), une déduction forfaitaire dite du groupe III selon un barème (3 050 € pour un omnipraticien au-delà de 30 450 € d'honoraires conventionnels) et une déduction complémentaire de 3 % des honoraires conventionnels. Depuis la mise à jour du BOFiP du 28 août 2024, elles ne sont plus subordonnées à un choix lié à l'adhésion à un organisme de gestion agréé.
Un médecin doit-il facturer la TVA ?
Non pour les soins. Les soins dispensés par les professions médicales réglementées sont exonérés de TVA par l'article 261, 4, 1° du CGI. Certaines recettes restent taxables : actes à visée purement esthétique sans finalité thérapeutique, expertises dont l'objet est de permettre à un tiers de prendre une décision juridique (assurance, tribunal), certains certificats. Tant que ces recettes taxables restent sous le seuil de la franchise en base (37 500 € pour les prestations de services en 2026), vous ne facturez pas de TVA.
Un logiciel comme Indy suffit-il pour un médecin ?
Pour un médecin en entreprise individuelle au réel, sans SCM complexe ni salarié, un logiciel peut suffire : Indy Autonomie prépare et télétransmet la 2035, la déclaration sociale et la CFE. Indy est un logiciel, pas un cabinet inscrit à l'Ordre : il n'y a ni lettre de mission ni conseil engageant la responsabilité d'un expert-comptable. Dès qu'il y a une SELARL, une SCM à plusieurs associés ou des salariés, un expert-comptable reste le choix le plus sûr.
Faut-il passer en SELARL quand on est médecin ?
Pas systématiquement. La SELARL soumise à l'impôt sur les sociétés permet de laisser une partie du bénéfice dans la société à un taux d'IS réduit et de lisser sa rémunération. En contrepartie, la comptabilité devient celle d'une société (bilan, liasse, assemblée), plus chère à tenir, et les dividendes au-delà de 10 % du capital, des primes d'émission et des comptes courants sont soumis à cotisations sociales. La décision se prend sur simulation chiffrée, avec un expert-comptable.

Sources

Tarifs Indy relevés sur la grille officielle le 22/10/2026, tarifs des cabinets en ligne relevés le 29/09/2026. Règles fiscales et sociales vérifiées en octobre 2026 ; les barèmes de cotisations changent chaque 1er janvier.

LEC
Rédigé par la rédaction Les Experts Comptables
Méthodologie : règles tirées du BOFiP, du CGI, de la brochure fiscale 2026 et des barèmes CARMF ; tarifs relevés sur les grilles officielles des solutions. Les fourchettes des cabinets spécialisés sont des estimations de marché. Notre comparateur